La mocherie, amplifiée par la complaisance qui lui est accordée

L’inacceptable, qui ne l’a pas rencontré ; il est surdimensionné pour ne pas prêter suffisamment attention à ce qui est grand et beau. La noirceur l’emporte trop souvent sur la lumière. Il faut se l’avouer, la plume et le verbe privilégient davantage ce qui abime, plutôt que ce qui construit. La complaisance se vit avec le sordide. Nous ne pouvons demeurer passifs devant une telle situation au point que l’absurde et les vilénies saturent l’espace.

Il faut apprendre à regarder pour découvrir que le meilleur l’emporte sur la mocherie.

Ce samedi, sans faire de bruit, Habitat et Humanisme organisait une opération de vernissage pour présenter des peintures, des toiles et des livres. Les auteurs n’étaient autres que des résidents de la maison intergénérationnelle, sise à Nice et des résidents de la Pension de Famille de la Trinité. 

La doyenne, Michelle, a 92 ans. Un de ses dessins envoyé pour le temps de Noël à l’Elysée a fait l’objet d’un mot chaleureux du Directeur de Cabinet de M. Emmanuel Macron. Son dernier livre « Le rossignol des Tuilières » témoigne d’une écriture alerte, à l’image même de son auteure.

Il faudrait aussi évoquer Michel pour ses textes et ses peintures reflétant par leurs couleurs un éclat de vie et d’espérance.

Que de magnifiques pépites dans cet immeuble riche d’hospitalité, occupé par des étudiants et des personnes du troisième et quatrième âge.

Ne nous étonnons pas de l’entente et même de la complicité entre ces deux générations ; les premiers préparent leur avenir et les seconds témoignent, de par leur récit de vie, combien la finitude est terrassée par le beau, l’amitié, l’amour, saisissant au plus intime d’eux-mêmes que ‘la vie passe infiniment la vie’.

Les cinquante personnes participant à ce vernissage furent « soufflées » par une telle humanité ; elles sont reparties en pensant fort justement qu’il était dommage que de tels moments ne soient pas davantage connus.

Le bien ne se révèle que dans l’humilité, alors que le mal est tapageur ; il lui faut faire du bruit, cogner pour s’imposer.

Ce vernissage laisse la trace de l’intelligence du cœur, grâce à des êtres qui ne font pas mystère que l’essentiel se trouve dans l’infini de la discrétion, signe de la noblesse de l’âme, chemin d’un émerveillement

Bernard Devert

Février 2019

 

 

 

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3 commentaires sur “La mocherie, amplifiée par la complaisance qui lui est accordée

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