De la résistance à la résilience

Comment en finir avec le mal logement, un drame récurrent qui s’est installé dans la Société. Aucun des gouvernements depuis plus de 50 ans, quelles que soient les sensibilités politiques, n’est parvenu à éradiquer ce désordre.

Il y eut des démarches fort pertinentes avec Louis Besson auquel nous devons des textes fondateurs pour faciliter la mixité sociale, Jean–Louis Borloo avec la présentation d’un programme majeur pour que l’habitat réduise les iniquités sociales ; il n’a pas été entendu. Il faut aussi rappeler Benoist Apparu et Julien Denormandie avec le ‘logement d’abord’. Il est aussi des mesures traduisant un prendre-soin des personnes, telles celle qu’introduit Emmanuelle Wargon qui, pour la 1ère fois en 65 ans, reporte d’un an la fin du dispositif hivernal, eu égard à la pénurie de logement.

Que de blocages font que la construction du logement est considérée comme une charge, alors qu’elle relève d’un investissement.

L’absence d’un toit fait ruisseler, que dis-je, pleuvoir sur ceux en attente d’une hospitalité digne de ce nom, des calamités destructrices pour les sans-abri. Il est rappelé sur tous les toits que ne pas avoir de ‘chez soi’ entraîne inexorablement la perte de soi.

Des mots qui, tristement, ne côtoient pas le changement qui s’impose.

La Nation connait parfaitement le coût direct et indirect des conséquences sociales et affectives qui résultent de ce manque mettant à mal la cohésion sociale.

Retenir, c’est périr dit fort justement Khalil Gibran. Qu’est ce qui nous retient de faire l’effort nécessaire pour ne point pactiser avec des situations semant la mort dans tous les sens de ce mot.

Toujours, au moment des élections, la question du logement est évoquée mais, très vite, une sorte d’omerta se fait jour pour ne point l’aborder. La responsabilité partagée des partis politiques mais aussi de chacun des citoyens, à commencer par moi-même, secrète le silence.

Le propos n’est pas de répéter à l’envi c’est la faute à Voltaire, c’est la faute à Rousseau, c’est la faute aux politiques. Non, elle est partagée. Une faute de l’habitude qui met a à distance de l’hébétude que devrait causer le mal logement. Seulement, nous nous rassurons avec de statistiques anesthésiantes : 85% de nos concitoyens sont bien logés ou de façon acceptable.

Qui se laisse saisir par le fait que les 15%, autres, sont en grave difficulté. Cessons de considérer comme justes les grands chiffres, ces arbres qui cachent les forêts de misère.

Ce qui est juste, c’est la prise en compte des visages de ceux qui ne peuvent rien envisager, paralysés par le tragique d’un destin qu’aggrave la ghettoïsation.

Femmes et hommes de bonne volonté, s’impose à nous pour rejeter le cynisme, l’absolue nécessité d’en finir avec la vacance de plus de 300 000 logements vacants au sein des Métropoles.

Tenir autant de portes fermées, c’est bâtir un mur à l’égard de ceux qui se sentent légitimement méprisés pour n’avoir rien, même pas un toit.

Tragique, ce péril de l’espoir, pour ceux qui, dans la rue ou dans des dispositifs d’extrême urgence, voient ces fenêtres toujours fermées qui, jamais, et pour cause, ne s’éclairent. Comment n’éprouveraient-ils pas un sentiment de mépris voyant que pour eux, la vie n’offre aucune ouverture ou lueur.

Qui peut contester que c’est seulement là où s’éveille l’idée de résistance qu’une Société devient plus résiliente.

Bernard Devert

juin 2021

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