Avec cette dernière chronique, les vacances appelant des nouvelles grilles des programmes, il m’est agréable de vous partager ce moment vécu ce 1er juillet lors de l’inauguration de deux bâtiments à Tarbes ; l’un concerne un habitat intergénérationnel dénommé « Cant ‘Adour », l’autre, une pension de famille appelée « La Cordée ».
Un même toit abrite ces deux habitats.
Cette opération de 35 appartements, en centre-ville, est l’expression d’une solidarité active et engagée à l’égard de ceux qui, blessés par la vie, n’imaginaient pas pouvoir bénéficier d’un tel logement.
Cette réalisation est le fruit de l’économie solidaire, comme évoqué dans ma précédente chronique.
Les messages qui ont été entendus lors de cette inauguration vous auraient touchés ; riches de sincérité et remplis d’émotion. Philippe, bénévole à H&H Pyrénées Adour, me dit combien il fut bouleversé. J’ai reçu, dit-il, mille fois plus que ce que j’ai pu donner. Le maire de Tarbes, M Gérard Trémège, exprima aussi son bonheur de voir que dans sa ville, l’acte de construire portait haut les couleurs de la fraternité.
Les mots, loin d’être convenus, étaient habités par un souffle d’humanité donnant bien des raisons d’espérer dans une société qui en manque singulièrement.
Martin Luther King, prophète de la mixité, soulignait que si notre monde continuait à être replié sur lui-même, refusant l’autre au motif qu’il est différent alors, inévitablement, nous serions tous condamnés à vivre comme des fous.
Qui n’entend pas « nous marchons sur la tête ».
Ce lundi, à Tarbes, nos pieds étaient bien ancrés dans le réel, nos mains étaient solidaires et nos têtes, libérées de ce qui enchaîne, apprenaient à voir ce qui est essentiel. Tous avons accueilli cette grande dame qu’est « la sagesse », prodigue de tendresse.
J’ai tenu immédiatement à exprimer aux résidents ma gratitude et d’abord en votre nom, vous qui nous aidez à construire des logements à partir desquels, concrètement, un autre monde se construit.
Encore une fois, ce que nous faisons est insuffisant. Ne boudons pas l’ensoleillement de la fraternité porteuse d’espoir et plus encore d’espérance.
Au cours de cet été, peut-être qu’un certain nombre d’entre vous accepteraient de réfléchir à la création de ces chantiers de la fraternité pour ouvrir des voies qui mériteraient d’être étudiées pour sortir de ces situations où trop de nos concitoyens, en raison de leur vulnérabilité, s’entendent dire, il n’y a pas de place.
Pas de place, mais ne sont-ils pas aussi des humains. Alors, pourquoi… Ne serions-nous pas plus déshumanisés que nous le pensons.
Cette place, elle ne viendra pas toute seule ; il nous faut la concevoir, rencontrer les élus, rechercher comment construire autrement, pour rendre abordable le logement pour tous.
Ces chantiers de la fraternité seraient un « think tank » au cœur d’Habitat & Humanisme ; trop de personnes sont en souffrance, pour attendre et attendre un mieux. Il nous faut le bâtir. L’énergie et la détermination de faire bouger ce qui doit et peut l’être offriront les conditions d’un changement.
Je reste à votre disposition au cours de l’été pour réfléchir avec vous, sur la création de ce chantier de vie, tant l’accès au logement est ce minimum qui doit être offert à tous, sans écarter les plus fragiles.
Bonnes vacances, ce qui n’empêche pas qu’elles puissent être studieuses et heureuses pour s’inquiéter du bonheur de ceux qui en sont exclus.
Bernard Devert
3 juillet 2025
