Les Assemblées générales des différentes branches d’Habitat & Humanisme se sont tenues au mois de juin, dans un climat de fraternité et d’une vigilance attentive à la situation économique et sociale.
- Une fraternité ; elle se construit au fil du temps dans cette constante recherche d’imaginer de nouvelles initiatives, afin de mieux répondre à cette exigence : bâtir une société plus juste, par là même plus harmonieuse ;
- Une vigilance attentive en raison de la pauvreté qui s’accroît. La Société semble s’y habituer, d’où une indifférence traduisant un découragement dans un contexte où le pessimisme l’encourage. La dette abyssale du budget de l’État n’est pas sans susciter des craintes avérées quant à l’aide de la Nation, d’où les subventions altérées à un moment où les Collectivités Locales voient leur propre budget plus contraint que par le passé.
Un constat, il faut faire plus avec moins. Difficile de diminuer la voilure, sauf à augmenter ces mots que trop de personnes vulnérables entendent « Il n’y a pas de place ». L’éthique commande – pour le moins recommande – de sensibiliser l’épargne privée laquelle n’a jamais été aussi importante, même hallucinante, plus de 700 milliards d’euros dorment sur des comptes bancaires!
Nous opérons une démarche auprès de l’Europe pour trouver de nouveaux financements. L’approche se présente plutôt favorablement, observant les difficultés à s’inscrire dans cette ouverture. Mais bien décidés à ne point la déserter.
Nos Foncières Solidaires s’investissent, l’une, depuis quarante ans avec le logement, l’autre, vingt-deux ans dans le champ médico-social, d’où des actifs solides. Les vôtres, à partir desquels il est possible d’aller plus loin en toute sécurité.
Vous pouvez être fières de ce que vous avez rendu possible en conférant à l’Économie Sociale et Solidaire, dont H&H est un des pionniers, une 3e voie disposant d’un pouvoir d’agir, fort de cette économie respectueuse de l’épargne, sans pour autant se détourner de ceux qui n’ont rien ou peu. L’État doit rester à nos côtés comme les institutions de l’Épargne Salariales Solidaires, souhaitant que celles gestionnaires des assurances-vie nous rejoignent.
Vous, personnes physiques, sachez que plaçant une part de vos disponibilités dans cette forme d’économie, vous en êtes les premiers acteurs. Ne lâchez rien. Jamais, l’épargne privée n’a été si nécessaire pour mettre à distance les situations de détresse.
L’humanisme est un soin, vous êtes les soignants d’un Société qui souffre. Le diagnostic qui s’impose est de veiller à ne pas sombrer dans un fatalisme destructeur.
Ensemble, demeurons des semeurs d’espérance. En lisant ce journal, j’imagine votre joie devant cette moisson abondante constituée de maisons dont les clés ont été remises à ceux qui n’espéraient plus, condamnés à l’indécence du logement et à des lieux de paupérisation jetant un voile de deuil sur l’avenir.
Cette semence est la vôtre. Nous sommes que les ouvriers appelés à la récolter et mesurant la noblesse de cette tâche. Si demain vous n’étiez pas là que de personnes seraient délaissées.
2025, 40e anniversaire de la création H&H, fut marqué par des temps de reconnaissance à l’égard de ceux qui ont concouru et poursuivent l’aventure. La sobriété s’est imposée pour des raisons morales que vous partagez ; il n’y aura pour nous de fête que lors de la défaite de la misère.
Il y eut des temps de réflexion, notamment ce séminaire au Conseil Économique Environnemental et Social, sous la présidence de M. Jean-Louis Borloo, et de bien des acteurs de cette nouvelle économie.
Un nouveau défi se présente à nous, le vieillissement massif de la population. Les chiffres parlent, plus de 4,5 millions de personnes de plus de 80 ans en 2040, contre 1,3 million aujourd’hui. Il s’agit d’un mur que nous ne ferons pas tomber, mais nous devons au moins le lézarder.
Les personnes aisées le contourneront, les plus vulnérables seront au pied du mur dans un isolement crucial. Il y a quarante ans, l’ADN d’H&H était la diversité sociale. S’ajoute désormais celui de la mixité des âges afin de lutter contre la solitude, ce cancer social. La 3e canicule que nous venons de vivre en rappelle l’urgence, plus de deux mille personnes sont décédées prématurément, faute d’accompagnement.
Attentifs à nos aînés, nous ne saurions oublier la jeunesse, saluant son engagement dans les maisons intergénérationnelles et au sein du service civique senior, sachant que nous devons faire plus à l’égard des appentis et étudiants, peinant à trouver un logement en cohérence avec leurs ressources.
Bernard Devert
Juillet 2026
