L’Evangile, l’ouverture d’un chantier pour se construire en humanité.

 

Qu’est-ce-que l’homme, telle est la question qui se pose à chacun.

L’homme passe l’homme ; le pari de Pascal traduit un dépassement. N’est-il pas au cœur de l’Evangile non dans un savoir académique jamais décisif, la foi ne relevant pas d’une connaissance mais d’une reconnaissance.

Christ ne joue pas avec un pari ; Il a mis en jeu sa vie. Assassiné, crucifié, d’aucuns ayant compris que sa Parole allait tout mettre sens dessus-dessous, alors la mort fut précipitamment au rendez-vous de son histoire. Urgence de cadenasser l’accès à ce chantier d’amour qu’Il ne cessa et ne cesse de proposer.

Ouvrir l’Evangile, c’est ouvrir un chantier ; il est risqué comme tout lieu où l’on construit. Nous connaissons ces panneaux : Attention, des hommes y travaillent ! Ici pas seuls, avec le Créateur. Le maître d’œuvre ne s’imposant pas, les dangers n’en seraient-ils pas aggravés ? Non ce chantier surprenant est celui de la confiance.

Le Dieu de l’Evangile est vraiment incroyable, il ne retient pas nos échecs, il les assume si bien que nous sommes des invités permanents à ce chantier qui a pour nom la miséricorde ; l’homme est l’espérance de ce Dieu Père.

Il y eut ce chantier qui se nomme Babel ; il se poursuit jusqu’à imaginer des tours dont l’une des dernières réalisées fait près d’1 km de haut. L’homme passe son temps à flirter avec le ciel, mais Dieu n’est pas là.

Que de rendez-vous manqués pour n’avoir pas compris où est Dieu.

Il est vrai que nous voulons imposer nos plans, bien étudiés, organisés, structurés pour construire, oubliant que l’Eternel n’a qu’une attente, que nous bâtissions un monde plus habitable pour tous, mais pour ce faire, il faut consentir à se laisser reconstruire.

La Loi de Moïse que nous mettons en avant nous protège. Voici que sur ce chantier de l’Evangile il est moins question de se protéger que de protéger : on vous a dit… eh bien, moi je vous dis… (Mt 5,44).

Ce qui nous est dit c’est que la Loi ne sera pas abolie mais accomplie, c’est-à-dire dépassée. Le légal est bien pâle au regard de cette Loi nouvelle bouleversant et renversant les idées de puissance que nous privilégions pour refléter ce que nous voulons devenir : accumuler des biens pour être quelque chose au lieu d’être quelqu’un.

Un autre rendez-vous manqué pour n’avoir pas compris que Dieu est étranger à ces propositions mortifères fracturant non seulement l’espace mais créant dans les têtes des ghettoïsations qui enferment.

Si le chantier de l’Evangile n’avance pas comme il devrait, ne serait-il pas temps de se demander si nous devrions pas mettre autant de passion à défendre les droits de l’âme qu’à faire valoir nos droits. Le renversement des priorités ne serait pas indifférent à un chantier plus humain, par là même divin.

Heureusement, il est de ces chantiers où l’on entend des craquements ; ils sont précisément ceux de l’âme comme le rappelle Bernanos. Une brèche se fait jour, trace d’une attente de Dieu. Inutile de se présenter avec nos outils, à notre image, tranchés. Il suffit de s’y rendre avec pour tout bagage notre disponibilité signe du déjà-là du miracle des mains ouvertes.

Bernard Devert
Juin 2017

 

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