Les vacances un temps d’exode pour les uns et le ressenti d’un exil pour les autres

Les vacances sont là, à tout le moins proches, sauf pour les plus fragiles, privés de l’évasion et de la liberté qu’offrent les congés. 

La pauvreté est une « clôture ».

Quand viendra la rentrée, ceux partis au loin partageront leurs carnets de voyage témoignant de leurs relations ouvrant parfois sur des horizons jusque-là inconnus. Les autres, ceux qui restent, et pour cause, s’inscriront dans le silence qu’imposent ces iniquités, ô combien blessantes pour la fraternité. 

Si la fraternité est une main qu’on tend à l’autre, aux autres, le temps des vacances en accroit la rupture, un exode pour les uns et un exil pour les autres.

Ce temps de vacances ne pourrait-il pas être un moment de réflexion pour voir comment parvenir à retisser des liens.

Albert Camus, quand lui fût remis le « Prix Nobel de Littérature », eut des mots dont l’acuité est prégnante « Chaque génération se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera point. Sa tâche est peut-être plus grande encore ; elle consiste à empêcher que le monde se défasse ».

L’oubli de la fraternité assombrit jusqu’à défaire l’avenir.

Le mal logement s’est banalisé. Cette crise, à force d’être répétée à l’envi sans trouver de réponses à hauteur du drame qu’elle suscite, s’est installée dans le paysage. Un mur s’est construit ; il est plus ou moins facilement contourné sauf pour les plus fragiles emmurés dans des lieux de paupérisation. Quelles attentions leurs sont portées sauf celles des excès de température laissant entrevoir des souffrances… vite oubliées.

Au cours de ces dernières semaines, je me suis autorisé à partager des situations singulièrement difficiles, humainement insupportables sans que les victimes expriment de la colère, défaits par un monde aveuglé par l’égoïsme qui en dit long sur sa déshumanisation.

Je ferai tout, pour qu’à la rentrée, cette maman qui aura accouché au mois d’août d’un 7e enfant dispose d’un logement. Mais que de centaines de milliers de personnes sont à terre.

Le voyage qui pourrait leur être proposé serait de leur permettre de passer une porte, une frontière enfin franchie pour habiter une terre plus libre, respectueuse de leur dignité. Le logement sans être un point d’arrivée en est une étape absolument indispensable.

Ce déplacement, encore faut-il le préparer, l’organiser, afin que ceux qui sont en attente demeurant sur des quais où rien ne se passe, sauf l’angoisse d’un ressenti amer de ne point exister pour devoir entendre et réentendre « il n’y a pas de place ». Quelle préoccupation avons-nous de la leur donner.

A vous qui aidez notre Mouvement nous témoignant de votre confiance permettez-moi de vous dire merci pour ces portes que vous nous avez permis d’ouvrir, elles sont celles de l’espoir.

Bernard Devert
Juillet 2026

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