Dehors la misère, cette ennemie de la paix

Le défilé du 14 juillet a mis en lumière, non sans éclats, le réveil d’une nouvelle stratégie voulue par le Président de la République en concertation avec la Coalition des Volontaires, témoignant d’une Europe préoccupée par les valeurs de notre Civilisation et d’une attention à ce qu’elle soit une terre de réconciliation à l’invitation de ses pères fondateurs. 

Ne boudons pas l’espoir que fait naître cette ouverture. La présence de Volodymyr Zelensky, refusant de se soumettre à une force aveugle, puissante et tyrannique, est porteuse d’espérance.

Lors des commentaires de ce défilé, étaient rappelés ces mots du Général Jean-Marc Vigilant, chercheur associé à l’IRIS, spécialiste des questions militaires et de défense, « Si ce sont les armées qui gagnent les batailles, ce sont les nations qui gagnent les guerres ». 

L’une d’entre elles s’impose, la lutte contre la misère et sa sœur la pauvreté. L’Europe en sortirait grandie et trouverait cette unité qu’elle peine à habiter.

Serait-ce un rêve de voir un jour défiler aux côtés des soldats ceux qui combattent ces infamies, en déminant les lieux de paupérisation, d’exclusion renfermant tant de détresses et de déshumanisation, qu’ils sont déjà des cimetières. Sans dire leurs noms, ils n’en sont pas moins des espaces de morts et de morts sociales.

La misère est une ennemie ; il faut la combattre. Comment mieux y parvenir que se laisser habiter par la générosité ; elle se lisait, lors du défilé, sur les visages altiers de ces soldats. Ne nous en étonnons pas, chacun, peu ou prou, était là pour consentir à donner quelque chose de lui-même, guidé par un idéal qui fait que l’âme s’élevant, le monde se relève. 

L’Europe comporte plus de 1,3 million de personnes touchées par le sans-abrisme. Tous captifs, prisonniers d’une Société qui ne sait pas les reconnaître comme des humains, à part entière. Là où la dignité est bafouée, c’est le champ d’une bataille nécessaire qui a été déserté.

Devant le tragique d’une telle situation, le combat à mener pour libérer ces captifs nous conduit à sortir de notre torpeur complice de l’indifférence. Leur libération sera aussi la nôtre, pour enfin comprendre le drame que vivent ceux qui n’ont aucun recours, dépendant de services sociaux ; débordés ils n’ont d’autres réponses que de répéter à l’envi « il n’y a pas de place ». Qui peut le contester, mais alors la seule démarche – elle est celle de l’honneur – est de les construire.

Pour y parvenir, il faut que cesse, à l’égard de ces victimes, ces charges trop souvent répétées par lesquelles nous nous dédouanions facilement de nos responsabilités. La paix ne se construira que si, dans notre aujourd’hui, nous tenons, dans un même mouvement de libération, à ce que l’Ukraine, dramatiquement agressée par un tyran brutal et narcissique, soit défendue comme nos frères et nos sœurs vulnérables devraient l’être. Un même combat.

Permettez-moi par ces quelques mots, d’évoquer simplement cette maman enceinte d’un 7e, qui vit à la rue à Paris avec ses 6 enfants. Ils n’ont point de toit. L’enfant doit naître à l’hôpital Necker, le 22 août. Laisserons-nous ce bébé à la rue avec sa mère et ses frères et sœurs ?

Puisse la solidarité de ce 14 juillet se poursuive dans un élan libérateur et enthousiaste, mettant dehors l’ennemie qu’est la misère. Un vrai et juste combat, il est celui de la paix.

Bernard Devert
Juillet 2026

Laisser un commentaire