AGIR

Qui n’éprouve pas l’impérieuse nécessité d’agir dans un présent difficile et un avenir dont chacun pressent qu’il ne saurait être remis à une « main invisible », l’autre façon de parler pudiquement du hasard ou pire de nos abandons.

Nous observons des mains ouvertes et expertes s’attachant à susciter dans une éthique de la responsabilité une attention à l’homme pour qu’il soit reconnu pour ce qu’il est et non pour ce qu’il a.

Les célébrations du soixante-dixième anniversaire du débarquement rappellent combien l’audace et l’abnégation sont au rendez-vous de l’histoire quand il s’agit de mettre dehors les pouvoirs absurdes et mortifères.

Le monde marche sur la tête, dit-on, ou encore il va mal. Peut-être. Mais ce mal ne serait-il pas une espérance fracassée par la cupidité qui, pilonnant l’éthique, construit des tranchées mettant à distance le bien qui, comme chacun sait, ne fait pas de bruit.

L’Europe n’est pas en guerre mais elle est confrontée à de graves conflits qui jamais ne font l’objet de déclaration. Un silence qui est à lui seul un bunker d’où les états-majors anonymes entretiennent une guerre économique.

Les combats ne font pas couler le sang mais laissent exsangues des millions de personnes qu’on rencontre dans les ‘hôpitaux de campagne’ que sont ces lieux de repli dont les noms ne sont que trop connus. Le traitement proposé est un appel à une patience résignée.

Le chaos, cependant, ne l’emporte pas sur l’espérance : des acteurs de plus en plus nombreux, habités par la passion d’entreprendre, ‘s’embarquent’ pour rendre la terre plus habitable. L’ennemi n’est pas la ‘main invisible’ mais l’indifférence qui fait que tant d’êtres fragilisés éprouvent le sentiment de ne compter pour rien pour n’avoir rien.

La sortie de crise se fera par l’entrée dans une nouvelle ère qui ne s’imposera pas pour se proposer à notre liberté. Les digues de la puissance cèdent de leur prétention. Ne sommes-nous pas appelés à reconnaître dans les situations de fragilité un autrement possible. Déjà se prépare une autre économie dont la finalité est l’homme ; elle porte un nom, la solidarité, esquisse de la fraternité.

Ensemble, agissons non seulement pour faire bouger les lignes des tranchées mais construire une économie du service. Utopie, sans doute, mais elle vaut la peine d’être défendue pour être une des conditions de la cohésion sociale sans laquelle il n’y a pas de paix.

Bernard Devert
Juin 2014

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