Il est de ces moments où la solidarité doit s’effacer devant la fraternité

La rue se révèle tristement et douloureusement l’espace d’errance pour trop de personnes, y compris des familles.

Il est des drames que nous ne voulons et ne pouvons pas esquiver ; il faut agir, conscients que ce que nous ferons, sera toujours insuffisant mais il est essentiel de le faire, suivant le mot de Gandhi.

Claus Drexel a réalisé un film documentaire « Au bord du monde », paroles de la rue ; il se termine par cette question : « Que faire » ?

Comment aborder cette situation s’aggravant d’année en année, mais qui dramatiquement se banalise pour s’inscrire dans le paysage, voilant la désespérance de ceux qui sont au « bord du monde ».

Ce « Pays est trop sage » pour prendre les moyens de dire non à cette déshumanisation. Il est des sagesses, paresse de l’esprit et du cœur, se révélant meurtrières de l’humain.

Des familles avec des enfants, des personnes âgées malades sont condamnées chaque soir à faire le 115 pour trouver un abri. Certaines ne le trouvent pas. La rue alors s’impose brutalement avec sa cohorte de dangers qu’aucun bouclier ne peut arrêter, d’où les traces profondes sur les visages et celles invisibles   mais non moins réelles   sur le plan psychique.

La fraternité est mise à mal chaque jour.

Les indignations pour garder l’illusion d’une solidarité ne manquent pas ; elles permettent de rester à distance d’une situation insupportable : un agir anesthésié pour ne point couler devant un mal si destructeur de la personne.

Que faire ?

Bernanos écrit : « les pauvres ont le secret de l’espérance ». Alors qu’humainement, ils n’ont plus ou peu d’horizon, ils se révèlent des lanceurs de fraternité.

Que faire, si ce n’est risquer la fraternité. Il s’agit de les rejoindre dans un esprit de partage, non pas dans le sens de répartir un butin, un gâteau, car c’est alors entrer dans une division mais dans celui de mettre en commun des projets, par là même rassembler.

Oui que faire, entrer dans une hospitalité qui bien plus qu’une solidarité, se révèle une fraternité.

A ce programme, donnons corps et cœur.

Bernard Devert
Février 2017

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