Méditation sur la fête de l’Assomption

La fête de l’Assomption interroge nos lieux de vie, notamment le ‘prendre soin’ dans les maisons médicalisées pour faire des EHPAD des maisons de l’hospitalité. Ne devraient-elles pas être des lieux, signes d’une éternité commencée au sens où l’inessentiel déjà s’efface.

Saint Bernard dont nous connaissons la dévotion qu’il avait pour Marie dit : l’heure de la mort est l’heure de la rencontre, plus exactement de la plénitude de la vie.

Marie est tellement source de l’hospitalité qu’elle l’offre à l’Auteur de la vie.

L’hospitalité efface bien des hostilités ; quand elle est donnée par Dieu, elle élève et nous relève. Entendons Marie : « Il fit pour moi des merveilles, Saint est son Nom » (Luc 1,49). Magnificat !

Emerveillement et Sainteté sont intimement liés dans le cœur de Marie, saisissant que la sainteté n’est point d’abord le temps d’un effort mais celui de la grâce proposée à jamais, d’où le jaillissement d’une joie et d’une foi libérantes : « Qu’il me soit fait selon la Parole ».

Une Parole, certes dérangeante pour être créatrice d’un autrement, chemin d’une traversée des finitudes. Alors, s’ouvre l’immensité des espaces intérieurs insoupçonnés pour être jusque-là insoupçonnables.

L’émerveillement est toujours un éclat de vie. Dieu, c’est quand on s’émerveille, dit Maurice Zundel.

Cet émerveillement permet de revisiter nos engagements pour ne point s’éloigner de nos idéaux qui, avec le temps, s’usent. « Si vous ne redevenez pas comme des enfants, dit le Christ, vous n’entrerez pas dans le Royaume des cieux » à identifier comme royaume du cœur.

Un proverbe demande d’attendre le soir pour dire si le jour fut beau. Il en est ainsi de la vie dont la réussite ne se comprend que si, comme Marie, nous nous laissons pleinement habités par ce désir de servir et non point de se servir.

La foi est un appel à donner, se donner.

Le service est sans doute le plus juste critère pour évaluer vraiment notre relation au Seigneur, Serviteur des Serviteurs. S’il est de ces moments où le don peut apparaître difficile ; ne brise-t-il pas les idées de possession et de puissance contribuant à la transformation de nos existences ; la foi n’est pas une certitude mais plus profondément une conviction, éveillant une aube lumineuse.

« Dieu fit pour moi des merveilles, Saint est son nom ». Dieu n’est pas une construction, Il est une découverte.

Magnifique relecture d’un évènement fondateur à partir de ce « oui » donnant naissance à une Famille, au sein de laquelle Marie se révèle matrice d’un nouveau monde, continuellement en genèse.

A une heure où l’intelligence artificielle se présente comme une énième séduction dans ce désir inavoué de se passer de Dieu, l’homme ‘augmenté’ s’imagine immortel pour penser son avenir en se prolongeant.

La question n’est pas celle de l’immortalité, mais de l’éternité ; elle n’est pas davantage de se prolonger mais de se dépasser. Rien d’artificiel. Il s’agit de notre humanité que Marie accompagne encore et toujours dans son Assomption qui peut être comprise suivant le poème « De la deuxième vertu » de Charles Peguy :

Dans toute naissance et dans toute vie.
Et dans toute mort.
Et dans la vie éternelle qui ne finira point.
Qui vaincra toute mort.

J’éclate tellement dans ma création.

L’Assomption de Marie traduit la lumière diaphane du Créateur ; « le Seigneur fit pour moi des merveilles, Saint est son nom ». Marie est trop mère pour ne point nous les partager.

Bernard Devert

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