Pour que les liens ne se délitent pas, devenons meilleurs.

Ce matin, prenant le train à une heure matinale (trop), mon regard fut attiré par un panneau lumineux affichant « joyeuses fêtes » sur la façade de la gare. Je dois avouer que cela me mit sur une voie de bonne humeur.

Je me rendais précisément à un colloque tenu au sein du Conseil Economique, Social et Environnemental, sur le thème du lien, Habitat et Humanisme essayant d’en être un bâtisseur.

Les liens souvent dans tous leurs états, griffés par l’indifférence et les iniquités, portent bien des traces de dé-liaisons, cause de dé-solations jamais étrangères à la perte de l’estime de soi.

L’entreprise ne fait pas non plus l’économie de la crise du lien avec les dé-localisations, le primat de la rentabilité ‑ pour des raisons de survie ‑ l’emportant sur les liens d’humanité. L’éthique est en souffrance quand se délient les pratiques des engagements qui résonnent avec la conscience éclairée.

L’urbanisme, même s’il témoigne de plus de vigilance à l’équilibre des populations, n’est pas encore étranger aux fractures sociales qui entretiennent et nourrissent l’entre-soi.

Le choc des cultures et les différences sociales considérables confèrent à la recherche des liens une interrogation inquiète ; elle n’a pas manqué d’être exprimée au sein de ce colloque, via ces mots : ne serait-elle qu’un rêve, une utopie.

Une voix dans l’hémicycle risqua, non pas un discours, mais une proposition : « il nous faut être meilleur ». Soudain, il y eut un silence, un souffle d’espérance.

Oui, au diable ces finitudes destructrices des relations. L’homme, lorsqu’il s’éveille à ce qu’il est, découvre l’infini qui l’habite le conduisant vers ces sentiers qui n’ont d’autres orientations que les sommets.

Devenir meilleur pour que le vertige du fini se délie enfin.

Devenir meilleur, ne serait-ce pas risquer l’aventure de l’optimisme, déjouant et dénouant les nœuds gordiens du défaitisme, dans cette perspective où Pascal dit que l’homme passe infiniment l’homme.

Devenir meilleur, ne serait-ce pas être guetteur d’un monde nouveau prenant le risque, non seulement de l’annoncer, mais de l’énoncer. Que de liens à faire naître pour s’éveiller à ce ‘supplément d’âme’ qui, seul, ouvre le cœur et l’esprit, trace du déjà-là de l’infini.

Bernard Devert
Décembre 2017

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