Que d’iniquités dont l’indifférence est la cause.

Encore une fois, une énième fois, l’appel désarmé d’un élu recherchant en urgence un hébergement pour une maman et ses deux enfants jetés à la rue.

Quel drame et quel spectacle tragique que l’intermittence de la paternité ! La mise à la porte de ces enfants et de leur mère ouvre le passage vers l’enfer.

A l’insoutenable légèreté de l’être, s’ajoute la vilénie.

Si un habitat d’urgence a pu être trouvé, la blessure résultant de ce mépris laissera des traces indélébiles.

Les désordres privés ne laissent pas indemnes la Res Publica, parfois même l’accable. Sans doute la Nation est-elle coupable de l’absence de logements abordables pour les plus vulnérables, mais ne rejetons pas toujours sur le collectif nos irresponsabilités.

Il est facile de considérer que l’Etat peut tout faire, mais doit-il se substituer constamment à nos insuffisances.

Au risque d’apparaître citoyen de l’ancien monde, ne devons-nous pas reconnaître que le manque de logements est aussi lié à la crise de l’engagement.

Les ruptures familiales, pour une grande part, laissent des femmes isolées avec des enfants constituant ce qu’il est convenu d’appeler les familles monoparentales.

Cette expression, désignant la personne de référence sans conjoint avec un ou plusieurs enfants, est entrée dans le vocabulaire et les catégories de l’INSEE en 1981. La France en dénombrait alors 882 000 familles, aujourd’hui plus de 4 millions.

Nombre de ces familles monoparentales sont confrontées à la pauvreté mais aussi à une autre misère, l’isolement, tout aussi grave.

Le sujet est bien de les aider pour qu’elles ne subissent pas une double peine, observant que l’indifférence est la cause de bien des maux.

Je veux être heureux, mais puis-je l’être sans m’inquiéter du bonheur de l’autre, de ceux avec lesquels j’ai contracté une responsabilité pour être le conjoint, la compagne, les enfants.

Kant dit que l’homme est responsable de l’humanité en sa propre personne, ce que soulignera Montesquieu : « une injustice faite à un seul est une menace faite à tous », ou encore Martin Luther-King « une injustice faite à une personne est une injustice pour le monde ».

A l’heure où il est évoqué l’homme surdimensionné ou encore augmenté, le progrès décisif pour que notre monde soit habitable pour tous ne nécessite-t-il pas de mettre l’accent sur l’augmentation du cœur pour voir plus large et plus haut.

S’ouvre ici le risque de découvrir « les angles morts ». Aussi, pour ne point les observer, le plus facile est de regarder devant soi pour n’apercevoir que la projection de soi. Quelle ombre !

Bernard Devert

Janvier 2020

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