Les masques, quels masques

Si les masques sont imposés pour se protéger soi et les autres, la grande protection pour bâtir un avenir qui le soit pour tous est d’apprendre à regarder avec le cœur qui, seul, libère de ces masques ayant pour nom l’idéologie, les partis pris, ou encore l’indifférence.

La parole du cœur n’écrit jamais un système pour être une liberté à vivre et à partager.

Est-ce le hasard, si cette crise sanitaire surgit à l’heure du 5ème anniversaire de l’Encyclique « Laudato Si ». Ce grand texte n’en appelle-t-il pas précisément à l’intelligence du cœur, soulignant la nécessité d’une écologie intégrale pour une croissance attentive au cri de la planète et à celui des pauvres. Un même cri !

Cette croissance est une des clés de la réduction des fractures.

Le tissu social présente des signes de graves déchirures, d’où des tensions qui ne sont pas étrangères au fait que des populations se sentent oubliées, discriminées avec tous les risques que comporte un tel ressenti.

Ne nous masquons pas la vérité. Les profonds déséquilibres entraînent inévitablement de graves ruptures ; elles sont apparues avec la Covid 19, débusquant cette idée de puissance. Mais où est-il l’homme augmenté, comme il aimait à se présenter !

Quand les masques tombent, les illusions s’effondrent et l’humilité alors progresse, d’où ce chemin d’humanité qui s’esquisse, les injustices démasquées apparaissant pour ce qu’elles sont, insupportables.

Et maintenant que fait-on dans ces « jours de l’après » ?

Observons la volonté d’agir autrement, traduisant la recherche de nouvelles relations. Le sans-abrisme, enfin, est regardé pour ce qu’il est, une abomination, une tache pour notre Société.

Les regards étaient si masqués avant la crise que la sagesse, source de l’équilibre des relations, apparaissait d’un autre temps, quand elle n’était pas moquée, pour le moins jugée comme relevant d’un autre monde.

L’après crise est une vision qui doit se construire aujourd’hui en gardant à l’esprit ces files d’attente où, sans s’agacer, nous trouvions le temps de parler à ceux qui, comme chacun, attendaient leur tour. Nous avons ainsi mieux compris que le temps n’est pas que de l’argent, il nous est donné. Un don ; pourquoi alors les plus vulnérables en seraient-ils privés pour ne point leur partager un peu du nôtre.

Nous sentons bien que la fraternité ne se construit que dans la patience.

Ces ‘jours d’après’ sont aussi marqués par le fait que l’homme doit être au centre de tout parce qu’aucune vie ne mérite d’être sacrifiée au nom d’un système, quel qu’il soit. Cette reconnaissance introduit plus de justice.

Nous nous souviendrons que ce virus a touché chacun, sans distinction de couleur de peau, de culture, de niveau de revenu ou de religion.

Ce constat nous met au cœur de l’essentiel : l’humanisme est une fraternité en devenir ; elle nécessite de lutter contre deux écueils : le relativisme et le scepticisme.

Quand les masques tombent, l’espérance éclaire l’horizon libéré de ces enfermements qui sont autant d’espaces où l’on se ment, pour occulter ce que l’on ne veut pas voir.

Bernard Devert

8 septembre 2020

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