La confiance ou l’élan d’un appel qui surgit dans l’inattendu.

Dans la précédente chronique, je vous partageais ma gratitude aux moines de l’Abbaye de Belloc pour l’ouverture réservée à notre Mouvement, nous invitant à les rejoindre sur le site de leur abbaye.

Reconnaître est la condition pour faire naître. Qu’allons-nous entreprendre ? Il ne s’agit naturellement pas de reprendre la place des moines ; qui serions-nous pour avoir une telle prétention. Il s’agit de rechercher avec eux et par eux, comment offrir un espace de solidarité à ces frères blessés par la vie qui en sont privés.

« Ce que vous ferez au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le ferez » nous dit le Christ.

L’histoire de cette Abbaye, comme évoqué précédemment, est une constante attention à la vie, d’où l’image de résistance dont bénéficie fort justement cette Communauté qui, libre, a toujours partagé ce qui la fait vivre pour l’offrir aux captifs.

La misère, la grande pauvreté ne viennent-elles pas violenter cette liberté, parfois même l’anéantir.

Il nous souvient de Dostoïevski qui dit qu’un des grands malheurs de l’homme – lorsqu’il lui est proposé de faire un choix entre liberté et bonheur – c’est de retenir le bonheur… le petit bonheur.

La fidélité ne relève pas du hasard mais d’une volonté de se déposséder de son moi préfabriqué aux fins de privilégier ce qui, en soi, est source de création. Alors, s’estompent les replis sur soi, ces plis amers dessinant dans l’âme les barrières qui séparent et meurtrissent la relation à l’autre.

Cette libération est un combat, une résistance appelant un discernement pour mieux s’opposer aux forces du mal et aux fatalismes, lit de l’indifférence, mère de bien des détresses.

L’humanisme est une confiance en soi, en l’autre permettant de dépasser et de traverser bien des écueils. La première urgence est de faire tomber les écailles des yeux ; alors, les regards voient plus loin. L’éternité n’est pas un autre temps, elle est le ‘déjà-là’ qui fait que le temps, notre temps, s’en trouve éclairé.

Les moines et les moniales de Belloc en sont non seulement les témoins, mais les acteurs. Déjà, deux jeunes ont rejoint le site de l’abbaye, préparant avec l’Ecole nationale des industries du lait et des viandes de la Roche sur Foron, un centre de formation à partir de la fromagerie que les moines portent depuis des lustres.

Une autre école est en préparation avec l’activité forestière.

Cette solidarité est au cœur de notre engagement, via le soutien constant des Communautés qui l’ont constamment soutenue depuis la création d’H&H, il y a près de 40 ans.

Je pense aux Sœurs Clarisses qui ont partagé leur monastère à des familles en souffrance en recherche de ce toit qu’elles ne trouvaient pas. Je n’oublie pas les Sœurs Franciscaines, les Carmélites de Fourvière, de Douai, les Bénédictins et d’autres qui nous portent dans leur prière en s’investissant à nos côtés pour que le vacarme de la guillotine de l’espoir ne résonne plus dans le cœur de ceux qui, déjà à terre, entendent une énième fois : il n’y a pas de place

La spiritualité est toujours ce qui élève, relève.

Vous qui êtes jeunes et vous interrogez sur le sens de votre vie, vous, retraités qui vous demandez comment vivre les 25 ans qui s’ouvrent devant vous, rejoignez-nous dans le cadre d’un béguinage à inventer sur le site de Belloc. Il s’agit de faire du neuf, d’être acteur d’une utopie, celle de l’amour qui, jamais, ne relève d’une copie.

Bernard Devert

juin 2021

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