Soeur Marie

Sœur Marie, Nelly Chambrillon, née à Troyes, il y a près de 91 ans, a rejoint le Seigneur qu’elle a servi et aimé.

Religieuse Clarisse, dans l’ordre de la famille franciscaine, elle fut Supérieure de la Communauté de Vassieux pendant de longues années, où elle accompagna ses Sœurs jusqu’au soir de leur vie.

Il émanait du visage de Marie une lumineuse bonté et une douceur qui n’avait rien de doucereux, tant elle était habitée par la conviction que l’Espérance qui la portait ne lui permettait en aucune façon de se résigner face à la misère.

Marie ne se contentait pas d’être indignée, elle agissait.

Comment, disait-elle, prier avec les psaumes qui hurlent de faire cesser la pauvreté et de faire place à ceux qui ne la trouvent pas. Aussi, en accord avec sa Communauté, elle ouvrit une partie du couvent à 9 familles en situation de grandes fragilités sociales.

Elle faisait sien ce mot de François Cheng, qui écrira bien plus tard, nécessaire est la clôture pour que le lieu devienne lien.

Ma Sœur, lui diront certains, la prière demande du calme pour trouver la paix intérieure ! Seulement, elle savait du plus profond d’elle-même que cette paix ne se trouve que dans un combat qui ne permet ni de se taire, ni d’attendre, alors que tant de frères et sœurs désespèrent de trouver un espace de vie, respectueux de ce qu’ils sont.

Dieu était pour Marie non pas une idée, une invention, mais une découverte l’appelant à accueillir l’inattendu, cet inouï qui a aussi pour nom, l’audace.

A Caluire, sur ce site résidentiel de Vassieux, les périphéries, si chères à notre Pape François, trouvèrent leur place dans l’esprit du Poverello François d’Assise et de Claire.

La lumière du visage de Marie n’était pas indifférente à son engagement discret, mais décisif afin que les oubliés de notre Société puissent envisager un ‘autrement’. Elle en fut un acteur, accompagnant Habitat et Humanisme, pas simplement parce qu’elle reçut l’association dans ses murs mais pour, ensemble, faire tomber ces murs de la misère, cet enfer qui brûle la solidarité.

La maison Sainte Claire, chemin de Bel-Air, est un des beaux fruits de sa détermination à faire naître plus de justice. Les nombreuses personnes, qui ont participé le 7 novembre à l’inauguration, gardent en mémoire sa magnifique allocution qui restera affichée dans le hall d’entrée de cette élégante résidence dont la source est le cœur.

Pour reprendre les mots de François Cheng, « oui, nécessaire clôture pour que lieu soit appel et l’instant répons sans fin ».

Une voix s’est éteinte, laissant une trace où la finitude se brise sur un infini.

Bernard Devert

25 avril 2023

Pâques, ce jardin de l’âme

La solidarité se cultive ; elle relève d’une semence. Lorsque nous la partageons, les cœurs s’ouvrent et s’émerveillent du rayonnement qui naissent de ces jardins où des femmes et des hommes ont pris le temps de s’inviter pour participer à ce qui fait fleurir la vie.

Ce qui embellit le désert, dit le Petit Prince, c’est qu’il cache un puits quelque part. Cette référence à l’eau, sans laquelle il n’y aurait pas de jardin, exprime notre soif de la beauté et de cette fleur unique que, seul, le cœur parvient à découvrir.

L’humanisme est une pressante mission à veiller à ce que le monde soit un jardin, habitable pour tous.

Il nous souvient dans le livre la Cité de la Joie, de cette fleur unique. Dans ce lieu d’extrême pauvreté, quasiment de chaos, elle se révèle le signe d’une désarmante espérance. Les cœurs authentiquement ouverts ne sont-ils pas toujours des jardins intérieurs.

Les fruits de la terre doivent être recueillis comme signe d’un partage entre tous que François Cheng exprime dans son poème Le Jardin :

« Que chaque fleur porte visage et nom. Que chaque fruit préserve faim et soif. Que vent et pluie, soir et aube renouvellent leurs offrandes sur l’herbe. Que l’infini, lui, face halte sur la cime des pins. Oui, nécessaire clôture pour que le lieu devienne lien et le temps, attente »

Quelle attente, celle d’une promesse qui nous met en chemin vers ces jardins où le Ressuscité lui-même est reconnu comme le jardinier. Comment s’en étonner ? Là où la vie jaillit dans un inattendu, toujours, un nouvel Eden surgit.

La Résurrection est celle des cœurs. Nous pouvons l’appréhender et même l’apprivoiser dans cet infini que François Cheng nomme l’éternité-instant.

Qui n’a pas connu ces moments mémoriels à partir de situations très concrètes, source d’une mémoire d’avenir où les finitudes faites de ces inessentiels perdent enfin de leur importance jusqu’à laisser place à une lumière diaphane.

Dans cette perspective, la résurrection plus prégnante que nous l’imaginons, introduit dans nos vies la vision de ce qui nous élève pour refuser que l’autre ne tombe. J’ai le sentiment ici d’être frère de ces chercheurs de sens qui habitent ce mot de Teilhard de Chardin : « tout ce qui monte converge ».

Alors, j’ose vous dire, belle fête de Pâques pour être celle d’une vie qui se risque à l’infini.

Bernard Devert

Pâques 2023

Des clés pour accéder à la Maison Commune

La Maison Commune exprime une hospitalité dont la recherche apparaît comme un rêve ou comme un possible, mais lointain ; l’accès n’apparaît-il pas quelque peu verrouillé. Où sont donc les clés.

Eureka, elles sont trouvées !

Les soignants de plusieurs ehpad se sont réunis en ateliers pour un travail d’ajustement à l’égard de ces « clés » afin qu’elles soient mieux partagées.

Le résultat est la création d’un pass qui déverrouille neuf points pour en ouvrir le passage ; quels sont-ils : le regard, le sens, les racines, les signes, la singularité, l’attention, la sensibilité, la maîtrise et les gestes.

Le regard, au sens de Claudel : « sur un regard, j’ai tout compris ». Comprendre, ce n’est pas posséder mais se laisser habiter par la confiance proposée. Qui sommes-nous pour la recevoir, l’interrogation traduit un émerveillement.

Le sens est une entrée dans une relation, d’où des liens à bâtir, à co-construire, jamais étranger à la question du sens. Nous n’avons pas tout à inventer. Nous nous inscrivons dans un rite avec des gestes répétitifs. Personne d’autre que celui qui les fait ne peut les habiter. Le rite soulage, sans réduire le champ des possibles mais il facilite la créativité.

Le sens exprime une ouverture, une orientation qui introduit le sens de l’autre.

Racines. L’autre est différent, il a une histoire complexe ou pas, mais l’histoire est toujours à respecter avec une infinie délicatesse, sans la passer au crible de son moi possessif, parfois régressif. Chacun a son histoire, en d’autres termes ses racines à partir desquelles se joue le respect de la singularité, reconnaissance de l’altérité.

Signes. Les signes parlent, parfois blessent ou alertent sur un danger ou un inattendu. Récepteur de signes, chacun est aussi celui qui les transmet, d’où une invitation à les décrypter pour la pacification des liens. Ils sont pour partie ce que je veux bien qu’ils soient pour l’autre.

L’autre. Cette attention ouvre un espace de vigilance où l’autre n’est plus un anonyme mais un être singulier ; nous ne pouvons l’aborder que dans un apprivoisement, pour être différent de nous. Cette reconnaissance donne naissance à des relations singulières, personnalisées, une ouverture à la singularité de l’être. Un éveil, souvent un réveil pour se rendre disponible à l’autre, trace du respect de sa sensibilité.

Sensibilité. Elle est l’heureuse vulnérabilité de chaque être ; il ne s’agit pas de l’occulter mais de la laisser transparaître en veillant à la maîtrise nécessaire pour ne pas submerger l’autre des difficultés qui peuvent nous envahir.

Maîtrise. Nous touchons ici l’acte du soin et du prendre soin qui dépasse la technicité pour se présenter comme une générosité surgissant dès lors qu’elle est accompagnée de ce regard et de ces gestes qui disent à l’autre qu’il compte.

Silence. Les mots évoqués ne sont que des clés qui ouvrent sur un espace intérieur où l’écoute et le regard traduisent l’ouverture du cœur.

La Maison Commune alors n’a rien de commun pour réunir des êtres bien décidés à vivre l’aventure de ces passages où les petites morts traversées nous font comprendre que nous sommes des passeurs vers cet infini, lequel se propose souvent dans l’instant d’une rencontre.

S’éprouve alors le fait que la finitude s’efface quand nous entrons dans le service où l’autre n’est plus seulement l’autre, mais un frère.

Bernard Devert

Mars 2023

Valorisation patrimoniale mais aussi sociale, un atout pour réduire la crise du logement

Une nouvelle fois je reviens sur l’iniquité que représente la vacance de trop de logements, plus de 300 000 dans les métropoles. Pardonnez mon insistance qui, je l’espère sera comprise comme de la persévérance à changer ce qui peut l’être.

Les difficultés de se loger pour les plus fragiles sont si criantes que l’indifférence est un mépris à leur égard.

Comment rester sourds et aveugles à ces appels ou SMS quotidiens témoignant d’une détresse traversée par le souffle d’un ultime espoir. Ne pas entendre ou se mettre à distance, c’est participer au moins passivement à une violence à laquelle notre société s’est tristement habituée.

L’absence d’un toit est la résultante d’un faisceau d’incompréhensions, d’échecs. La personne, submergée, souvent dans une extrême solitude, se voit assignée à la rue. Tout alors bascule. Un effondrement !

Comment rebondir dans ces moments s’il n’y a pas un toit, un espace d’intimité alors qu’autour de soi, il n’y a plus de repères.

La vacance des logements est un serpent de mer, dit-on depuis des dizaines d’années. Certes, mais est-ce une raison pour ne rien faire ou se servir de cet horrible constat pour se dédouaner de ses engagements.

Quand la société ferme les yeux sur la vulnérabilité de ses concitoyens, elle se perd jusqu’à engloutir les valeurs qui la portent.

Rien ne se résout par un coup de baguette magique ; il ne suffit pas de parler, d’écrire, laissant place à l’indignation toujours facile, mais peu fertile. L’heure est d’agir en essayant de voir ce qu’il est possible de faire ensemble.

Ensemble est le maître-mot.

La rue est à la pauvreté ce que la crevasse est à la montagne, un lieu mortifère. Cette symbolique de la recherche des sommets, si nous l’acceptons, ne pourrait-elle pas être une invitation à mettre en œuvre les convergences nécessaires pour tirer vers le haut ceux qui sombrent.

Une cordée s’impose ; elle serait constituée

  • des propriétaires de logements vacants, décidés à redonner à leur bien une efficience sociale accompagnée d’une valorisation patrimoniale. Les cyniques riront, se moqueront, mais il n’y a pas que des cyniques. Il y a aussi ces propriétaires parfois âgés, mais pas seulement, qui devant la complexité des dossiers, se sentent dépassés. Comment intervenir se demandent-ils.

Il est impensable que nous n’en trouvions pas 20% qui se mobilisent, ce qui conduirait à créer une offre nouvelle d’environ 60 000 logements au sein des agglomérations les plus tendues.

  • d’acteurs du logement social, notamment associatifs, accompagnant les futurs bailleurs  dans leur recherche de financements, voire en en faisant l’avance dans le cadre de baux à réhabilitation.
  • de futurs occupants, susceptibles de s’investir pour effectuer des travaux de réhabilitation sur les parties privatives.

L’esprit de la cordée, retenu à dessein n’appelle-t-il pas l’effort de tous.

Le diagnostic posé et le traitement proposé n’ont rien d’utopique. Oui, une ouverture est possible pour réduire le mal-logement. Ne la rejetons pas.

Bernard Devert

Mars 2023

La réforme des retraites, une clé pour ouvrir de nouveaux possibles

Le projet de loi sur la réforme des retraites a fait l’objet, au sein de l’Assemblée Nationale, de débats, assombris par de dommageables combats, d’où une confusion avec deux conséquences, une agitation ou pour le moins des hésitations.

La Haute Assemblée, appelée à se prononcer, devrait examiner le texte avec sérénité.

L’enjeu est d’importance. Il est regrettable que cette réforme n’ait pas été éclairée par une réflexion sur le sens du travail.

La crise était patente, la Covid l’a rendue plus aigüe.

L’opinion laisse planer le fait que nos concitoyens veulent moins travailler. Est-ce si sûr ? Non, ce qui est patent c’est le désir d’un travail qui participe à la qualité de la vie, d’où une recherche encore confuse sur de nouvelles conditions d’exercer son activité professionnelle.

Il y a lieu de se réjouir d’une telle orientation qui vise à mieux faire valoir ses potentialités.

Il n’est pas inutile de rappeler qu’en 2022, plus d’un million d’entreprises ont été créées. L’esprit entrepreneurial est davantage prégnant qu’on ne le pense.

La crise sanitaire a suscité de nouvelles façons de travailler, le ‘chez soi’ se substituant partiellement au bureau. Le télétravail a pu apparaître dans un premier temps comme un handicap pour la productivité ; il n’en est rien.

La cohésion sociale est fracturée ; personne ne le conteste. Comment la réparer, par une attention au travail, notamment à celui en fin de carrière. L’expérience acquise mériterait d’être transmise. Il se créerait alors une solidarité entre ceux qui s’approchent de la retraite et ceux qui entrent dans la vie professionnelle. L’apprentissage trouverait également un nouveau et judicieux développement.

La transmission est un temps de reconnaissance. Or, une des crises de notre société est liée au fait que d’aucuns pensent qu’ils comptent peu. Pour enrayer amertume et lassitude qui concourent à un défaitisme sociétal, la réforme des retraites peut se révéler un vecteur pour bâtir des ponts, des passerelles, plutôt que de creuser davantage d’abîmes.

Quitter son emploi en ayant la joie d’avoir aidé les plus jeunes à mettre le pied à l’étrier confèrerait au temps de retraite qui se profile le ressenti juste d’une reconnaissance sociale. Il s’agirait d’un véritable soin pour la société.

Nombre des jeunes qui bénéficieraient de ce savoir-faire ont une connaissance quasi innée de l’informatique, de sorte que se ferait jour dans un certain nombre de situations un échange réduisant la fracture numérique.

Au cours des débats chahutés à l’Assemblée, le monde associatif a été oublié. Le climat social, tendu, serait très largement amélioré et même pacifié si se créaient entre les entreprises, le monde associatif et les acteurs de l’économie sociale, de nouveaux soutiens sous la forme du mécénat.

Un grand nombre de grandes entreprises françaises offrent des résultats très satisfaisants. Ils sont insupportés par une grande partie de l’opinion en raison des écarts entre ceux qui possèdent et ceux qui se sentent possédés, d’où un ressenti d’iniquité, accompagné de cette interrogation : pourquoi suis-je éloigné des fruits de mon travail.

L’heure n’est pas de pleurer sur la réussite entrepreneuriale, mais de diminuer les écarts abyssaux entre les rémunérations. Quand l’équité est présente, les relations sont transformées.

Redistribuer les rémunérations, distribuer les savoirs et les savoir-faire, un chemin qui, suivant le mot de Saint Exupéry, permettrait de marcher vers une fontaine. Reconnaissons que, de cette fraîcheur, nous avons besoin.

Ainsi tomberaient bien des colères et cette incompréhension disqualifiante de se savoir ou se sentir si peu reconnus. Une ouverture ! Ne pourrait-elle pas faire naître de nouveaux possibles.

Bernard Devert

Février 2023

Le carême, un temps pour faire face à ce qui détruit l’espérance. L’heure n’est pas vraiment celle des « faces de carême ».

Entrons joyeusement dans ce temps du Carême. L’expression peut apparaître étonnante, même déplacée, mais ce moment n’est-il pas celui de vivre une transformation intérieure pour non seulement lire les signes de résurrection, mais les vivre.

Les ‘faces de carême’ ne témoignent pas de la foi. L’acte de croire nous met face à nos obligations d’hommes et de femmes pour faire face à ce qui, en nous et autour de nous, déshumanise. L’espérance procède toujours d’une parole qui donne chair à un ‘autrement’.

C’est la vie qui importe pour Dieu. Elle est inscrite dès les premières pages de la Bible : « Qu’as tu fait de ton frère« . Cet appel est la clé d’un discernement, permettant, sans évasion ni illusion, de nous poser une autre question de la même veine : qu’as-tu fait de ton Père ?

Le plus humain rejoint le plus divin.

Le carême est un sentier. Il conduit à habiter, pour le moins s’approcher de la promesse ; la mort n’est pas supprimée, elle est traversée. Nous voici invités à un chemin de traverse au cours duquel nous nous éloignerons des inessentiels et des illusions, d’où l’appel au jeûne, non pour lui-même mais pour une plus vive attention au sens de la vie.

L’aumône n’est pas une fin en soi mais bien ce mouvement d’intériorité permettant d’habiter la Parole de Jésus : là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. Comment ne pas donner, se donner en partageant du temps, de ses relations, de son épargne pour que celui qui n’a pas de place la trouve enfin.

Il ne s’agit pas seulement d’être solidaires mais d’être fraternels

La cordée est signe d’une solidarité : accepter de marcher sans abandonner le plus fragile. La fraternité va plus loin encore ; elle conduit à partir avec celui qui n’imaginait même pas pouvoir être invité. N’est-ce pas cela précisément le sens de l’aumône, ne point se détrourner de celui qui n’a rien ou si peu. Ton Père voit ce que tu fais dans le secret et te le revaudra.

Le réalisme spirituel du Christ ne nous autorise pas à nous évader des situations concrètes, de celles parfois si ‘moches’ que nous saisissons l’urgence de les changer, comprenant alors qu’il nous faut, pour ce faire, changer.

Aime et tu comprendras, dit Saint Augustin.

Pour comprendre, il faut entendre. N’est-ce pas ce temps de la prière, autre traversée à partir de laquelle le Seigneur nous appelle à prier avec Lui, comme il le demanda à ses disciples. La prière est souffle d’une libération. Alors vient le temps d’une disponibilité pour desceller nos barreaux invisibles, ces avoirs qui nous enferment dans une certaine quiétude et les savoirs nous donnant l’illusion d’un certain pouvoir.

Sur ce chemin de carême, nous irons avec le Christ au désert. Là, il entendit le ‘diabolos’ lui demander d’être davantage Dieu qu’homme. Jésus fait un choix, celui d’être avec nous, parmi nous.

Au diable, les fossoyeurs de l’incarnation ! Et nous, pendant ces quarante jours, qu’enverrons-nous au diable ?

Cette interrogation ne révélerait-elle pas ce qui se joue en ce temps de carême. Quelle magnifique aventure d’humanité ! Oui, vraiment la tristesse n’a pas sa place.

Bernard Devert

22 février 2023