L’an I du pontificat de François, ou l’heureuse surprise

Quel bonheur d’entendre le Pape François nous parler de sa joie de vivre l’Evangile.

Il pourrait être écrasé par l’ampleur de la tâche réformatrice qu’il s’est imposée, les réticences, voire les critiques qui doivent lui parvenir. Or depuis le début de son Pontificat, il nous offre le signe d’une tendresse qui ne trompe pas, habité par la joie de croire.

A la question « qui suis-je », il répond : un pécheur, ou encore à la condamnation sur les Gays, que d’aucuns aimeraient lui voir prononcer, il répond mais qui suis-je pour juger.

L’Evangile de la Transfiguration nous invite à entendre : qui est Dieu ? Un ¨Père ; je sais bien que l’image paternelle au sein de notre société est parfois brouillée, que le mot même de « père » est parfois inaudible pour ceux abandonnés ou pire abîmés par une déchéance paternelle.

N’appelez, dit Jésus, personne sur la terre : père, car vous n’avez qu’un Père, celui qui est dans les Cieux.

Une nouvelle histoire alors s’éveille pour notre humanité ; Dieu n’est pas un juge puissant qui instruirait à charge. Il n’est même pas un avocat prenant en charge notre cause laquelle introduit une distance. Ce Père, tout désirant, n’a d’autres perspectives que de nous inviter à entrer en communion avec Lui.

Plus de frontière entre terre et ciel. La prière au Père n’introduit-elle pas dans ce « comme » une communion entre le Royaume des cieux et la terre et une désarmante confiance pour nous appeler à pardonner comme Il pardonne.

Dieu tient en une grande estime ses enfants.

Alors il nous faut nous demander, pourquoi nous demeurons dans ces ruptures entre frères, consentant à ce que d’aucuns aient beaucoup et d’autres rien pour survivre.

Ce Père pourrait désespérer de nous. Seulement, il reconnaît en chacun un espace divin, pleinement humain. Il nous faut apprendre à le découvrir : quitte ton pays, ce que tu connais trop bien, pour t’aventurer là où tu perds tes repères, alors seulement sans doute, peut surgir le cri de la confiance et de l’espérance : ‘Père’, fût-il suivi de ce pourquoi.

Là, commence ce voyage pour quitter ce qui nous enferme et nous rendre sur cette terre de liberté ; chemin faisant, tels les pèlerins qui se rendent à Compostelle, quelque chose en nous craque. Un étonnement s’opère. Il est l’interstice au sein duquel surgit l’inouï d’une lumière, celle que nous nommons la Transfiguration.

Au diable les fossoyeurs de l’incarnation, disait Jésus, à celui-là même qui l’invitait à être plus Dieu qu’homme.

Dans le frère blessé, mal mené par la vie, en quête d’un toit, d’un travail, de signes de dignité, il est celui que l’on appelle le Fils qui sut entrevoir une autre réalité de Dieu et de l’homme. Ce partage est source d’une humanité renouvelée.

Bernard Devert
18 mars 2014

2 commentaires sur “L’an I du pontificat de François, ou l’heureuse surprise

  1. Ce thème du père absent et des blocages que cela crée chez les personnes devrait lui aussi être davantage creusé par l’Eglise.
    Dieu le Père, c’est bien beau, mais au quotidien comment le rendre présent à des catholiques non pratiquants qui souffrent au quotidien d’avoir eu un père absent ?

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