Sciences et fraternité s’embrassent

Dans son journal écrit en déportation, Etty Hillesum, souligne le nombre de ‘maisons inhabitées’. Il s’agit bien sûr de ces demeures intérieures désertées auxquelles nous pourrions aussi ajouter celles inhospitalières à la différence.

Que de programmes pour lesquels il est désormais mis en avant la sécurité. Quelle sécurité, la reconnaissance des mêmes déjà protégés par la possession d’un pouvoir, souvent celui de l’argent.

Dans ces maisons, l’autre n’a pas de place, moins par méchanceté que par incompréhension. La cohésion sociale s’en trouve cependant matraquée, les plus petits trop souvent condamnés à se contenter de baraques.

Pourtant il y a des exceptions qui pourraient se révéler comme un nouvel art d’habiter et de vivre avec ces ‘habitats bienveillants’ que sont notamment les maisons intergénérationnelles.

Habitat et Humanisme vient d’inaugurer, sur un site magnifique à Tassin la Demi-Lune, une maison pour des personnes que la vie a bousculées, blessées et qui dans leur troisième ou quatrième âge bénéficient enfin d’un hébergement, accompagné du soin et du « prendre soin ».

L’originalité est que cette maison est sur le même terrain que l’Université Mérieux au sein de laquelle travaillent des chercheurs engagés contre les fléaux endémiques comme par exemple « Ebola »

A cette inauguration participaient ceux qui trop longtemps ont enduré la rue, cherchant vainement un toit et d’autres qui luttent pour ‘déloger’ ces pandémies décimant souvent les populations les plus fragilisées.

Les cœurs se sont ouverts avec comme corollaires l’émerveillement et la complicité. Alors que tout apparemment séparait ces hommes et ces femmes, il se produisit une alchimie autorisant une vraie rencontre portant le nom de fraternité.

A la réflexion, pourquoi s’en étonner ?

L’attention aux blessures, celles que l’on porte et celles pour lesquelles l’on se bat jusqu’à trouver un sens à sa vie, suscite d’incroyables rapprochements. Les masques tombés, les visages désarmés offrent une humanité laissant transparaître son Créateur.

Le site n’est pas indifférent à cette reconnaissance pour être un Monastère de Clarisses. Les religieuses le quittèrent en raison de la pyramide des âges mais, déterminées, elles refusèrent que ce lieu de prière devienne l’espace d’un enfermement.

L’Esprit est toujours signe d’ouverture et de partage ; Il veillait.

La conviction de ces Soeurs a emporté les conditions d’un ‘vivre ensemble’ qui s’est traduit par un ‘faire ensemble’ soutenu par des populations aisées investissant dans une épargne solidaire avec le concours de la Banque Populaire et du Crédit Agricole.

Dirigeant d’un grand laboratoire, Alain Mérieux, veilla à ce que son Université soit signe d’une passerelle avec ces chercheurs de toit qui enfin le trouvèrent au sein de cette maison dénommée François et Claire.

Tout un programme. Dante dans la Divine Comédie, dit en parlant du Poverello d’Assise  que surgit au monde un soleil. Ces rayons pour traverser le temps et l’espace n’éclairent-ils pas notre avenir.

Bernard Devert
novembre 2014

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