« Qu’as-tu fait de ton frère ? »

Réfugiés et Migrants quittent leur sol en raison de violences : violences politiques pour les réfugiés, tels ceux de Syrie, d’Irak qui doivent fuir pour rester en vie ; violences économiques pour les migrants qui, pour n’avoir rien ou si peu, recherchent désespérément des conditions de vie plus humaines.

Comment ne pas comprendre.

Quelles que soient notre philosophie et notre spiritualité, le livre de l’Humanité nous interroge : qu’as-tu fait de ton frère. Il  nous fait aussi entendre la question de Caïn : en suis-je le gardien ; si la réponse est non, la fraternité et le bien commun sont amputés de leur caractère universel. Alors, la porte est ouverte pour toutes les dérives de funeste mémoire.

Donne-moi un cœur intelligent, dit Salomon à l’Eternel. L’intelligence donne le sens de la mesure, de la hiérarchie des urgences, des priorités.

Notre culture établit un lien entre fragilité et responsabilité ; l’accueil de l’immigré, de la veuve, de l’orphelin n’est pas une option mais l’exigence éthique d’être là où l’homme est en danger. N’est-ce pas ce qu’évoquait Montesquieu dans l’Esprit des Lois, une injustice faite à un seul est une menace faite à tous.

Plus nous habitons le sens de cette menace, moins nous devenons menaçants pour nous inscrire dans un humanisme, facteur de paix.

D’aucuns rappelleront que nous ne pouvons pas porter toute la misère du monde. Certes, mais nous avons à prendre notre part, toute notre part, et c’est à cette participation que nous devons réfléchir.

Les réfugiés ou migrants dérangent, mais au regard des dangers qu’ils courent, nous sommes des abrités. N’oublions pas qu’au cours de l’année 2015 plus de 6000 personnes ont trouvé la mort dans la traversée d’une mer devenue un ‘cimetière marin’.

La crise sans précédent des migrants, traduit un monde brutal au sein duquel l’Amour n’est pas aimé pour reprendre la belle expression du ‘Poverello’.

Quand des familles, venues d’Europe Centrale, vivent en France depuis des années dans des bidonvilles jusqu’à susciter une juste indignation, sans lendemain, c’est oublier que seules les mobilisations transforment les relations.

Quand 16 familles roms sont conduites vers une commune qui crie sa réprobation au nom d’un risque supposé – alors que les conditions sont réunies pour que des enfants, jamais scolarisés, le soient sur le site même de leur village d’insertion, pour ne point aggraver les tensions – quelle place est faite à l’autre ?

L’indifférence est une frontière à l’égard de ceux qui ont pour tort d’être des pauvres discriminés.

Oui, comment cette tragédie nous bouscule-t-elle, à commencer par nos idées reçues sur ces frères d’infortune ? Que d’aversions à surmonter et d’imaginations à faire naître !

Tout un programme, il n’est peut-être pas étranger aux vœux que nous échangeons pour une société plus riche en humanité ; quelle espérance.

Bernard Devert
Janvier 2016

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