L’Heure solidaire

 

L’heure solidaire est d’abord une heure d’amitié qui, toujours, est un temps de gratuité. Dans une Société traversée par la marchandisation de bien des relations, cette heure offre un espace de grâce, de liberté.

Trop de nos concitoyens, isolés et même abandonnés, désespèrent d’une possible solidarité.

Je pense à cette personne âgée, veuve depuis très longtemps, qui, au fil des années, a perdu tout contact. Je n’intéresse personne, me dit-elle ; n’ayant rien, je puis comprendre, même si j’en souffre, ce vide auquel la vie me confronte désormais.

Cette heure solidaire est une heure d’équité, de plus grande justice dans les relations mettant justement hors-jeu les jugements, les discriminations et disqualifications qui s’ensuivent.

Il n’y a de solidarité que là où il y a une libération, à commencer par un regard qui ne se laisse pas obnubiler pas les plateaux d’une balance pour voir si le fléau, ici bien nommé, est bien équilibré. Quel désastre !

L’heure solidaire nous libère des captivités liées à ce donnant-donnant qui se révèle rarement un gagnant-gagnant.

L’heure solidaire est l’écoute d’une parole, parfois le cri d’un être qui, approché, se libère de ce qui l’enferme. Alors commence le temps d’une humanisation, non d’un face-à-face mais d’un tête-à-tête, brisant ces entêtements qui paralysent les relations, voire les rendent impossibles.

Cette heure solidaire est celle où l’on n’attend rien de la rencontre pour en espérer tout : un changement, un lâcher-prise offrant l’inattendu de ne pas suivre son chemin mais de le tracer, ou encore ce moment où l’on trouve en nous des choses différentes de nous et pourtant inscrites en nous.

Un lâcher-prise qui est tout sauf un abandon, un don.

Cette heure solidaire est aussi celle de la foi, pas seulement entendue comme une confiance, une espérance, mais une invitation à devenir des justes pour se laisser ajuster par Celui qui ne juge jamais mais qui, toujours, nous éveille au meilleur de nous-mêmes.

L’heure solidaire, un temps où l’on grandit par la rencontre de l’autre pour être habité par le Tout-Autre qui constamment nous invite à cette solidarité, créatrice d’un autrement où l’on quitte l’entre-soi pour l’autre-soi.

 

 

Bernard Devert

Octobre 2019

 

 

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s