Etre le changement que nous voulons voir surgir (Gandhi)

A l’Epiphanie, des sages s’en retournent par un autre chemin, délaissant celui de la puissance.

En ces temps conflictuels, n’aurions-nous pas besoin de la royauté de la sagesse, non pour défendre ce qui est acquis, mais pour s’inscrire dans une liberté aux fins de voir la société telle qu’elle est et non telle que nous voudrions qu’elle soit encore.

Cette disponibilité peut apparaître comme se heurtant à ce qui a été obtenu, parfois de haute lutte, d’où des interrogations amères : pourquoi lâcherai-je prise ?

La rigidité n’est-elle pas meurtrière de l’avenir.

Le débat que certains voudraient voir arbitrer par la rue, porte sur le temps du travail nécessaire pour faire valoir les droits à la retraite. Ne conviendrait-il pas de s’interroger sur le travail lui-même qui a déjà changé et qui, très vite, se modifiera encore à une échelle plus conséquente.

Certes, il y a la pénibilité à prendre en compte, mais reconnaissons qu’elle recule. Faut-il alors rester crispés sur un monde qui s’efface au risque de ne pas donner une chance à celui qui vient. La réforme proposée – et c’est peut-être sa faiblesse – ne devrait pas porter seulement sur une approche financière mais emporter une vision partagée sur le travail de demain impactant la retraite.

Les fortes inégalités quant à la durée de vie d’un salarié et d’un cadre s’estomperont en raison notamment de la robotisation. La situation actuelle est sur ce point inique.

Cette grève de plus d’un mois devrait mettre sur les rails la réflexion sur le travail en la corrélant à l’aménagement du territoire

Revitaliser les territoires, ce qu’autorise désormais la fulgurance de la digitalisation, les modes de communication, aurait un impact direct sur l’augmentation des revenus, trop amputés par le coût des transports et celui des logements en raison de la flambée du foncier et des loyers dans les grandes métropoles.

Travailler coûte cher ! Le prix du logement n’est plus en cohérence avec les salaires de trop de nos concitoyens.

Peut-on faire autrement ? Oui, avec le télétravail pour concerner déjà 29% des salariés qui l’approuvent, considérant qu’il génère une plus grande efficacité, ce que reconnaissent les chefs d’entreprise pour 79% d’entre eux.

Les couloirs des métros, noirs de monde, font entrevoir des visages tristes, fatigués et agacés. Pourquoi cette concentration des services alors que les conditions sont quasiment réunies pour revitaliser les petites et moyennes villes.

L’audace en cette fin d’un temps est la sagesse. Penser autrement les conditions de travail en examinant les préretraites comme un temps de transmission du savoir et des pratiques, s’avérera d’autant plus nécessaire que la technologie sera plus complexe.

Ce passage, variable d’ajustement pour sortir du blocage susciterait un art de vivre entre générations. La fraternité, ne l’oublions pas, est un des piliers de la République.

Les mages, les sages ont pris un autre chemin pour faire du neuf. Une clé pour éviter ces incompréhensions qui enferment alors que les changements qui s’annoncent apporteront de nouvelles donnes.

La confiance en l’avenir permet de dépasser les clivages.

Bernard Devert

6 janvier 2020

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