La liberté, une harmonie qui se joue sur la confiance

Il nous souvient de ces mots du poète Friedrich Hölderlin : « là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve ».

Ce qui sauve, c’est la confiance pour ne point sombrer dans un pessimisme qui altère la lucidité au risque de se laisser emporter, au-delà des colères compréhensibles, à des postures dommageables.

Or, qu’avons-nous entendu dans ces heures qui ont suivi la barbarie, une souffrance exprimée avec pudeur. Les premiers mots échangés furent : « encore une fois ». Aucun déchaînement de violence, la sagesse de notre Pays témoigne d’une liberté d’expression qui l’honore.

Notre civilisation est la cible d’actes horribles et inqualifiables, commis par des commandités sans culture, sans passé et sans avenir, instrumentalisés par des ennemis voulant faire couler par le sang la liberté, valeur fondatrice de notre Nation. Rien, ni personne ne pourra jamais l’assassiner.

Tenir est ce maître-mot qui fait consensus.

Une législation de guerre est suggérée dans ces heures de crise pour se protéger, rien de plus normal, mais défendre la liberté ce n’est point la restreindre, mais lui donner un rayonnement plus fort encore.

A ce sursaut, nous sommes appelés. Il fut honoré ce dimanche de la Toussaint par la Communauté chrétienne de Nice et de nombreux habitants de cette ville martyrisée par trop d’attentats dont celui sanglant du 14 juillet 2016 qui hante les mémoires. La liberté était prégnante, expulsant toute forme de peur, d’amalgames pour donner priorité à ce qui unit, plutôt qu’à ce qui divise. Nos frères musulmans n’ont-ils pas participé à la liturgie de réparation, pour reprendre l’expression retenue.

Jamais on ne défend et ne protège mieux la liberté qu’en refusant d’y renoncer, observant une amitié sociale, une fraternité, j’ose dire ce grand mot : l’amour, celui de la Nation, ouvrant sur un vouloir « vivre ensemble ».

Etaient rassemblés ceux qui croyaient au ciel et ceux qui n’y croyaient pas. La foi s’enrichissait des différences s’exprimant dans cette conviction que lorsqu’elle n’est pas incarnée dans l’homme, elle ne dit rien du plus divin.

Une telle approche traduit une générosité du cœur et de l’esprit, source fondatrice de la liberté conduisant toujours des femmes et des hommes à se lever pour dire non à ce qui l’enferme et la détruit.

Etre libre, c’est refuser les bassesses.

La liberté n’est pas donnée ; elle relève d’un combat intérieur. Il demande du temps pour parvenir à se libérer de ses déterminismes et de son animalité. Certes, comparaison n’est pas raison, mais il me semble que nous pourrions ici faire un lien entre la musique et la liberté. Toutes deux ne nécessitent-elles pas de faire des gammes, longuement, patiemment.

L’exercice austère requiert de la persévérance avant de pouvoir offrir le chef-d’œuvre qu’est l’harmonie.

Il y a un temps pour apprendre. Les ennemis de la liberté s’en sont pris à l’école assassinant odieusement le professeur Samuel Paty.

Plus qu’une législation de guerre, il nous faut privilégier l’éducation, la formation, mais aussi l’habitat pour que ces espaces de vie témoignent d’une harmonie qui a pour nom la fraternité. Elle n’appelle pas un égalitarisme mais une attention à l’égalité, vecteur de liberté, conscients qu’il nous faut veiller à ce que chacun se trouve placé devant la même exigence : devenir homme.

Quel programme !

La liberté nous interdit de le déserter ; il en va de l’avenir de notre démocratie qui ne perdurera que si nous habitons notre vocation : aller vers les cimes.

Bernard Devert

2 novembre 2020

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