Quand les rencontres nous mettent sur le chemin de l’inattendu

L’Evangile nous invite à entendre l’appel exigeant du Christ : porter notre croix pour être ses disciples. Le Fils de l’homme, dans la confiance infinie qu’il nous témoigne, nous propose, ni plus ni moins que de mettre nos pas dans les siens jusqu’à découvrir notre propre Golgotha.

Le risque est que nous le désertions. Il est de ces rencontres qui ne le permettent pas, sauf à signer une perte d’humanité.

Ainsi, lors de la célébration eucharistique de ce dimanche, une femme âgée vient me trouver. Elle est seule. Son histoire est celle de sévices et de coups. Ne disposant que de faibles ressources, elle a même perdu son logement.

Son visage, marqué par l’âge, creusé par les épreuves, laisse entrevoir des étincelles de lumière. Elle n’a pas d’habitat mais elle est habitée d’une espérance pour refuser de s’installer dans l’amertume. Sa vie saccagée, elle ne veut point abimer celle des autres.

Rencontrant un être qui portait la croix et non pas qui la traînait, je me suis alors souvenu de la prière attribuée à Sainte Thérèse d’Avila :

« Le Christ n’a pas de corps maintenant sur terre, sinon le tien, il n’a pas de mains sinon les tiennes, pas de pieds sinon les tiens. C’est à travers tes yeux que doit se manifester la compassion du Christ pour le monde. A travers tes pieds qu’il doit passer en faisant le bien. A travers le monde qu’il doit bénir le monde aujourd’hui. »

Impossible alors de vivre l’envoi de cette célébration sans me sentir appelé à vivre la prière de ce ‘géant de la foi’ que fut Thérèse.

Dans l’aujourd’hui de nos vies, les signes de fraternité sont souvent des fruits de l’audace, s’agissant de refuser l’inacceptable. Ne nous conduisent-ils pas à percevoir intérieurement  l’appel du Christ pour réentendre ses Paroles si bouleversantes signant le don de sa vie jusqu’à établir une trace ineffaçable entre terre et ciel : la croix.

L’heure n’est plus alors celle où l’on essaye de justifier, ou même d’expliquer, mais bien ce temps bouleversant qui fait basculer nos vies dans la joie du service.

J’ai assez conscience de l’aide que vous apportez pour vous dire merci pour ce chemin de la foi partagé, signe de tant d’inattendus, mais aussi d’inespérés.

En communion d’espérance

Bernard Devert

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