L’espérance, un combat contre les zones d’ombre

La détresse de nombreuses familles aux portes des logements est un drame récurrent auquel nous ne pouvons pas nous habituer. Le malheur des pauvres fait ombre à l’espérance quand il ne la fait pas sombrer.

L’indifférence ne fait qu’aggraver ce mal. Tout a été dit sur l’absence de logements se révélant pour ceux qui la connaissent, un déni d’exister ; l’heure n’est plus celle de l’indignation mais d’une urgente mobilisation.

Il faut agir.

Habitat et Humanisme depuis 30 ans se bat avec d’autres acteurs publics ou associatifs pour offrir un logement à ceux qui n’en ont pas ou plus. Le combat est permanent ; force est de constater que l’adversité l’emporte sur la capacité à réduire l’inacceptable.

Si le mal-logement n’est pas avare d’émotion comme de rapports, au demeurant bien construits, l’ouverture des chantiers est infiniment moins prolifique.

Notre conviction partagée est une terre habitable pour tous. Or, les conditions géopolitiques conduisent des familles à prendre le chemin de l’exil, menacées par les guerres tribales et une économie violente ou encore le déjà-là d’un climat faisant échec à la vie.

Le chômage massif n’est pas non plus étranger à la fermeture des portes de l’habitat, les classes moyennes étant elles-mêmes touchées.

L’heure est de revisiter les possibilités d’accueil. S’agissant d’un discernement, il nous éloigne de tout angélisme pour nous inscrire conjointement dans une responsabilité à faire surgir de nouveaux possibles.

Espérer, c’est créer.

Faire place à ceux qui ne l’ont point ne relève pas d’une option mais d’une exigence spirituelle.

Tout logement trouvé est une avancée diminuant l’ombre de la détresse. Impossible de fermer les yeux et le cœur tant la situation est cruelle mais aussi déshumanisante pour toute la Société.

Refusons la fatalité : tous m² construits, réhabilités, vacants ou mis à disposition, sont autant de ‘pierres d’angle » bâtissant une solidarité et un déjà-là de la fraternité.

Le Christ demande à ses disciples de s’investir, « donnez-leur vous-mêmes» ; Il s’entend dire « nous avons rien ou si peu ». Seulement, les petits riens mis bout à bout se révèlent un formidable inespéré.

Ensemble suscitons une hospitalité renouvelée ; elle commence par l’écoute, clé de voûte de la cohésion sociale. Qui ne ressent pas sa souffrance. Le diagnostic impose un traitement qui ne saurait être différé. Quel est-il ? Des actes faisant surgir des espaces de vie.

Ce soin de l’autre commence par une location, le bail à réhabilitation d’un immeuble ou d’une partie d’immeuble ou encore des cessions de terrains à bâtir. Autant de mesures concrètes à partir desquelles une Société se reconstruit pour éloigner les ombres du malheur.

N’est-ce pas cela « vivre en enfants de lumière ».

Bernard Devert
Avril 2015

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