Ces ‘autres’ qui laissent transparaître le divin

Le pape François pour la 107ème journée mondiale du migrant et du réfugié, ce 26 septembre nous invite à un ‘nous toujours plus grand’. Il rappelle l’histoire du ‘nous’ : Dieu parmi nous qui, loin de nous mettre en exil, demeure avec nous.

Pourquoi faut-il donc que nous défigurions ce ‘nous’, rejetant l’amitié sociale que François évoque dans Fratelli tutti. La fraternité, clé de la transformation des relations, nous ferait-elle peur ?

Il nous faut reconnaître, non sans tristesse, que ce ‘nous’ est bien partiel si bien qu’il y a nous et les autres que sont les plus vulnérables, les étrangers, les migrants, les marginaux.

Il nous souvient de la voix de Yahvé lors de la construction de la tour de Babel, et les autres ? Ils n’avaient pas de place, le projet de ces bâtisseurs était de construire une ville avec des murs qui séparent des autres.

Que de murailles érigées dans nos agglomérations !

A Babel, on voulait toucher le ciel, en d’autres termes en prendre possession pour faire taire la parole qui dérange: et les autres ? Faire attention aux autres c’est en faire nos hôtes. Voilà que des murmures et même des voix très distinctes s’élèvent pour dire que c’est sans doute l’idéal, encore que … mais c’est impossible, ou même dangereux…

Qui peut penser que l’amour est sans risques.

Ce possible, nous sommes appelés à le bâtir. Il n’est pas une option, mais une pressante invitation à participer à ce chantier d’humanité si nous ne voulons pas, sciemment, nous éloigner du divin en le plaçant dans un ailleurs, là-haut, là-bas, c’est-à-dire finalement le faire autre, le situant là où nous plaçons ces autres que nous ne voulons pas voir.

Là où est la fragilité, Dieu réside.

Au cours d’une interview concernant les migrants, une mère de famille dit avoir comme seule responsabilité ses enfants mais pas les autres. « Que ces derniers se débrouillent, ce n’est pas mon problème » ! Alors de qui relève-t-il. Quel monde allons-nous bâtir pour ne s’intéresser qu’aux siens. Le réel est étroit ; le possible est immense (Lamartine).

La Bonne Nouvelle éveille un universalisme. Ce ‘nous’, s’il ne devient pas plus grand, condamne les autres à être captifs de la violence, de la misère. Il faut être aveugle pour ne rien voir.

L’Evangile est fort heureusement politique. Ne nous parle-t-il pas de la Cité, de la Nouvelle Jérusalem qui ne le devient que si elle est inclusive. Tout homme, quelles que soient sa couleur, sa culture, est appelé à y vivre. L’hospitalité est inconditionnelle… pour être celle de l’amour.

La Bonne Nouvelle, le Royaume de l’Amour, il ne s’agit pas tant de l’annoncer que de l’énoncer dans l’aujourd’hui de notre histoire, et non comme une probabilité pour demain.

L’heure est de s’approcher de ces autres, souvent roués de coups physiques ou psychologiques. Resteront-ils au bord du chemin ? Ces lointains devenus proches ne pourraient-ils pas nous inviter à creuser les fondations de la maison commune. 

Il faut nous y résoudre, l’histoire du ‘nous’ est à poursuivre. Nous sommes attendus sur ce chantier.

Bernard Devert

25 septembre 2021

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