François d’Assise nous rejoint dans ces heures sombres pour notre Eglise

La parole s’est libérée. Rien de ce qui est caché ne le demeure très longtemps. L’orage est désormais là. Il laisse voir, tel un grand coup de tonnerre, ces mortifères désordres que révèle le rapport Sauvé.

Assisterons-nous à un tsunami religieux, je ne sais ; surement aux ricanements du diable pour l’avoir laissé pénétrer dans la maison commune sans trop se soucier des drames qu’il suscitait et préparait.

A fermer les yeux, à ne pas vouloir entendre, que d’enfants ont vu leur vie saccagée par une poignée d’hommes qui, sous couvert de leur ministère, se sont livrés à des actes pervers. Ils n’ont pas été débusqués, faute de discernement ou, pire encore, de courage, le laxisme bâillonnant la vérité.

Dans une situation déjà difficile, nombre de nos concitoyens ont quelque peu déserté l’Institution ecclésiale. Une faillite pour le cœur et de la pensée, pour ne plus bien savoir ce qu’est la grâce, un mot d’autrefois, alors qu’elle est l’expérience de l’intelligence à la lumière de l’amour (Simone Weil).

Qui n’entend pas l’interrogation appelante et récurrente de la recherche du sens, un SOS de ceux qui, nombreux, lassés de la culture du virtuel, sont à la recherche d’une dimension spirituelle. Le mot est vague, certes, mais il n’est pas non plus indifférent à ce ‘vague à l’âme’ d’une Société qui s’agite et hésite.

Quelle attente espérer, une rencontre. Elle n’est pas un mythe mais l’inattendu d’une humble présence. Elle ne s’impose pas, elle se propose à notre liberté.

La liberté se construit et se nourrit par ce qui est grand et beau…ce qui ne fait pas de bruit.  

Les mauvaises nouvelles crèvent les écrans, occultant l’espérance, donnant le champ libre à la Société du petit bonheur, au prix de grands placards publicitaires attisant la consommation d’artifices et de plaisirs, dans l’impérialisme du tout, tout de suite.

L’éphémère est l’antidote de la joie, laquelle est une ode ; elle s’écrit, se chante, s’écoute, dans ces moments qui construisent la fraternité faisant place à l’altérité, par là-même au respect.

Que de femmes, d’hommes ayant mis leur confiance dans l’Eglise ; se sentent trahis à la lecture de ce rapport. L’heure, si elle est crucifiante, n’est-elle pas aussi celle qui devrait nous conduire à signer des engagements, décrucifiant ce qui déshumanise.

Gardons dans le cœur et l’esprit la méditation de ce grand pédagogue de la foi et théologien, François Varillon : « Dieu ne peut diviniser que ce qui est humanisé ». Une mission, la mission de l’Eglise.

Ne disons pas que c’est impossible. C’est une facilité redoutable, réductrice et de l’homme, et de son Créateur.

Dans ces heures de la communication du rapport Sauvé, nous aurons célébré la fête de François d’Assise.

Il était loin de l’Eglise, il la sauve, comprenant qu’aimer, c’était un peu s’oublier pour que l’autre existe, d’où la prière qui lui est prêtée :

Ô Seigneur, que je ne cherche pas tan à être consolé qu’à consoler, à être compris qu’à comprendre,

à être aimé qu’à aimer.

Et si ce matin nous faisions mémoire de son baiser au lépreux. La lèpre, ce mal nous touche ; le Seigneur vient nous embrasser et nous dire : je ne désespère pas de toi.

Dieu, à jamais créateur, nous invite à le devenir. Sans perdre de temps, commençons, recommençons pour ne pas laisser la vilénie, la mocherie s’installer.  

Bernard Devert

4 octobre 2021, en la fête de Saint François

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