L’avenir est dans la lumière que suscitent bienveillance et confiance

L’amitié sociale n’a pas de frontière. Pourquoi cette liberté est-elle si mal accueillie ? Le sentiment de fraternité ne peut pas relever seulement de bonnes intentions – l’enfer en est pavé – il est une détermination à rechercher ce qui est possible pour parvenir à une hospitalité, un monde habitable pour tous.

Nous sommes là sur un enjeu sociétal majeur. Le devoir d’hospitalité met nos valeurs à l’épreuve de l’immigration avec cette interrogation qui n’est pas sans acuité en cette période d’élection : nos démocraties sauront-elles relever le défi.

Il n’y a aucune barrière quant à l’information. Les fake news trouvent difficilement une limite et si d’aventure, ici et là, elles sont ‘épinglées’, l’objectif recherché est atteint. Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose, disait Voltaire. Devant ces mensonges, qui songe à rétablir ce qui est vrai et ce qui est faux. L’idée de vérité ne serait-elle pas lézardée.

Qu’est-ce que la vérité ? Il n’est même pas certain que la question en soit vraiment une désormais, l’acceptabilité de ce mot, imprononçable, conduit à parler de ‘sa’ vérité, tant est grande la confusion sur tout et partout.

L’inflation des informations met en déflagration toute approche de formation ; puisque tout se vaut, rien ne vaut. A ce jeu facile, que de perdants, à commencer par ceux qui tentent de tenir pour que ne sombre pas notre Société.

Lors d’un dernier CSE, il fut appelé mon attention sur le fait que des salariés ne parvenaient pas à dire à leurs amis, et même à leur famille, qu’ils travaillaient pour des migrants. Où en sommes-nous pour en arriver à la discrimination de ceux dont la mission est d’offrir une hospitalité à des frères venus de loin, fuyant la misère ou pourchassés par des barbares.

Sommes-nous si sûrs que le sort réservé au peuple afghan soit si noble. Ne rien faire, ou si peu, c’est laisser faire.

Assez de ces confusions qui, si elles se poursuivent, pourraient bien faire parler les armes ; on joue avec le feu.

Je voudrais solennellement et fermement dire à ceux qui s’investissent sur notre pôle réfugiés combien ils peuvent être fiers de leur engagement ; ils rendent possible ce que d’aucuns tentent de rendre impossible en jouant sur les peurs, les fragilités. La facilité de tels propos devrait desservir ceux qui les servent ; il n’en est rien malgré leurs oukases et les outrances.

La complicité avec la démagogie a embarqué des peuples de grande culture dans des fureurs dégradantes où le mal prit possession des esprits les plus fins (cf. Berlin requiem de Xavier-Marie Bonnot)

Travailleurs sociaux et responsables d’entreprises, qui évaluez combien insertion et intégration sont des temps d’ouverture à l’autre-soi, grands et nobles sont vos engagements pour servir la démocratie.

Quel bonheur que de ressentir votre joie pour ces frères afghans à qui vous avez offert une hospitalité, un accompagnement, une amitié. Aujourd’hui, ils travaillent dans une grande boulangerie. Leurs salaires sont supérieurs aux vôtres ; vous l’avez relevé sans amertume, précisant simplement que vos fonctions mériteraient être reconnues. Ce serait effectivement juste.

D’aucuns, derrière des micros qui amplifient leurs propositions sans discernement, se présentent comme ceux qui ré-enchanteront la Société en mettant dehors, à la porte, ceux qui leur apparaissent comme étranges sans en tirer les conséquences dommageables pour notre Pays, l’Europe et le Monde.

A quel équilibre voulons-nous participer. Nous, toujours nous, mais les autres n’ont-ils pas droit à une place.

Aussi, vous qui ne vous en laissez pas compter – quelle force de caractère – considérez que l’immigration maîtrisée peut être une chance.

Dans le café d’une ville moyenne de la Région Occitanie, un élu, surpris d’entendre des propos racistes dit à ses concitoyens : vous savez que les médecins de l’hôpital sont tous des étrangers ; certains de vous ont été soignés par eux. Il y eut un silence.

Qui sont-ils ceux qui travaillent dans des métiers dits en tension, à des heures où la grande majorité, dort. Que font-ils ces MNA en apprentissage pour des métiers que nous ne voulons pas faire, et ces frères du monde, venus de très loin, que nous retrouvons en grand nombre dans les ehpad, les hôpitaux, concourant aux soins. Et ceux qui font du pain, qui nous donnent ce pain quotidien.

Si, quelle que soit la philosophie de chacun, ces soins, ces services partagés ou encore ce pain dans l’exemple précité étaient reconnus, que d’ouvertures en résulteraient.

Là où le pain est rompu, une amitié naît, grande parfois jusqu’à devenir co-pains.

Bernard Devert

février 2022

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