Réponses crédibles et urgentes pour atténuer le mal logement dans un contexte de grave crise financière et économique.

Les experts et acteurs du logement social considèrent qu’il manque 900 000 logements, observant que :

  • près de 400 000 sont vacants dans les 8 premières agglomérations françaises ; cette évaluation est assez précise pour relever de l’assujettissement au titre d’une inoccupation injustifiée de plus de deux ans.

Les pénalités ont porté des fruits, mais pour autant la vacance résiste.

  • 200 000, selon l’estimation de l’USL, sont occupés par des foyers qui, pour avoir bénéficié de « l’ascenseur social » sont en situation de sur-loyer. Plus de 10 000 d’entre eux ont des ressources supérieures dépassant de 100% les critères d’éligibilité aux logements HLM.

Jean PERRIN, Président de l’UNPI, annonce 380 000 logements dans le parc public ou para-public, occupés par des ménages disposant de revenus importants ou pour le moins incompatibles avec les règles d’éligibilité au logement social. Cette observation mérite d’être nuancée. Certes, les occupants peuvent faire valoir un droit acquis conforté par un sur-loyer, mais peut-il être maintenu alors que tant de familles fragilisées sont dans l’impossibilité de trouver un toit décent en cohérence avec leur peu de ressources.

Cette crise est destructrice de tout avenir pour 2,5% à 3% de la population et gravement dommageable pour les 5% autres.

Il me semble nécessaire d’intervenir sur les « stocks » et non seulement sur les « flux ».

  1. Intervention sur les stocks :

  • Réduction de la vacance et libération de logements pour les ménages disposant de ressources leur permettant d’accéder à un logement dans le parc privé. Une telle orientation nécessite une mesure incitative accompagnée de deux contraignantes :

  • Mesure incitative : mise en œuvre du décret d’application quant à la garantie des risques locatifs (GRL), pour les opérations de location/sous-location ; une telle mesure atténuerait la vacance, comme en témoigne notre opération « Propriétaires et solidaires » largement amputée par la peur de l’impayé.

Ne conviendrait-il pas d’envisager la mutualisation de ce risque sur l’ensemble du patrimoine locatif privé et public.

Cette assurance obligatoire se présenterait avec une prime attractive qui, comme pour le risque automobile, sécuriserait bien des incidents de parcours, un malus pouvant être envisagé à la charge du locataire de mauvaise foi.

  • Deux mesures contraignantes :

    – vente des logements sociaux occupés par des familles aisées ou mise en place d’un loyer s’apparentant à celui du marché.

    . affectation du prix de cession à la construction de logements pour ceux dont l’attente s’apparente à celle du désespoir,
    . augmentation substantielle du sur-loyer, offrant aux gestionnaires une latitude pour minorer les loyers des ménages très fragilisés. Cette option est peut-être préférable à la précédente pour favoriser la mixité et une mutualisation créatrice d’une plus grande cohésion sociale.

    – recherche d’une cohabitation entre le patrimoine public et privé, plus particulièrement sur les territoires dits « non tendus » où nous assistons à des opérations de construction sociale, alors que des logements privés sont inoccupés (et réciproquement).

  1. Intervention sur les flux :

  • Un foncier maîtrisé

Mme Cécile Duflot, dans son allocution devant les D.R.E.A.L. soulignait, parmi les quatre mobilisations nécessaires à l’atténuation de la crise du logement, l’urgence d’offrir des terrains.

Le foncier, trop cher, se présente comme une rente pour les uns, aggravant les situations de précarité pour les autres.

  • Développement du démembrement de la propriété porté par des foncières solidaires :

Ces foncières solidaires bénéficieraient d’un financement de même nature, via la contribution (à déterminer) de l’Assurance Vie.

A l’instar de l’épargne salariale qui a « boosté » le financement des opérations sociales, ne serait-il pas opportun que le support assurances vie participe à l’économie du logement, relevant que l’encours de ce véhicule de placement est de 1 500 milliards d’€, notant qu’une fraction en unité de compte de 300 milliards d’€ serait rapidement mobilisable.

L’importance de ces capitaux offrirait une nouvelle donne, ces foncières louant leurs terrains ou bâtiments, dans le cadre d’un démembrement (usufruit) ou d’une emphytéose, aux bailleurs sociaux (H.L.M., associations), voire aux investisseurs type SCPI, à qui il serait demandé la construction de logements à loyers intermédiaires.

Une des raisons de la crise est le désengagement des institutionnels de ce logement intermédiaire. En 20 ans, près de 500 000 logements ont été cédés ou déconventionnés alors qu’ils contribuaient à un certain équilibre du marché pour être situés à Paris et sa première couronne, Marseille et Lyon.

Le contexte économique facilite la mise en place de la nue propriété, dont les revenus s’apparenteraient à ceux des obligations d’Etat si bien que les grands investisseurs devraient finalement s’incliner devant une telle mesure, économiquement raisonnable et socialement nécessaire.

  • Augmentation des droits à construire dans les territoires tendus :

Mme la Ministre accepterait-elle d’accompagner la révision de l’article 55 de la loi SRU avec celle, dans les territoires tendus, de droits à construire supplémentaires, financés précisément par la contribution de l’Assurance Vie.

Cette perspective aurait deux conséquences :

  • une charge foncière qui, portée par la finance solidaire, faciliterait l’éligibilité de logements P.L.A.I. et au P.L.U.S,

  • une atténuation de l’étalement des grandes agglomérations obligeant les plus pauvres de notre société à se loger au loin des centres villes, d’où des frais de transports et une pénibilité s’ajoutant à des conditions de vie déjà difficiles.

Ces droits à construire supplémentaires participeraient à une « intensification de la ville » traduisant un « supplément d’âme » pour non seulement construire plus, mais construire autrement dans la perspective de bâtir la mixité sociale.

  • Mise en place d’aides à la construction, l’avantage fiscal étant proportionné à l’avantage social.

    • Un amortissement pour les personnes physiques investissant en direct pour la création du logement intermédiaire accompagné avec une exonération partielle des droits de mutation dès lors que le patrimoine conserve sa destination (durée à préciser).

    • une réduction d’impôt de 20% sur 5 ans, dans la limite de 300 000 € pour les personnes privées investissant dans des sociétés qui, bénéficiant du statut de SIEG, affectent leur parc pour au moins 85% à des foyers répondant aux critères d’éligibilité des PLAI et PLUS.

Le plafond de cet avantage fiscal serait porté à 500 000 € pour la création d’un patrimoine loué, dans les territoires tendus, à 4 € du mètre carré, appelant une prise en charge de 25% des charges locatives dans le cadre de l’APL, les logements répondant au label HQE.

NB : le loyer du PLAI 6 € du m² est encore trop élevé pour des familles sans ressource).

  • Déduction fiscale au titre de la libéralité pour un abandon partiel du montant des loyers.

Ces mesures fiscales ne devraient pas être étrangères à tous ceux qui, non seulement n’ont pas bénéficié de « l’ascenseur social », mais qui ne parviennent pas à monter ces quelques marches pour habiter un logement décent : 650 000 personnes n’ont pas de domicile et 130 000 sont dans la rue. Ces chiffres occultent des milliers d’autres qui vivent dans des conditions insalubres.

Une avancée a été faite avec le DALO, mais vient cette heure où il s’agit de s’opposer fermement à cette injustice qu’est l’absence ou l’indécence du logement. Un tel engagement, pour susciter plus de cohésion sociale, rassemblera la Nation.

 

Le blocage des loyers, un marché du logement sous surveillance

Tout blocage est symptôme d’une crise.

L’Observatoire des Loyers de l’Agglomération Parisienne relève qu’en 2011 les loyers ont progressé de 6 % dans le cadre des opérations de relocation, alors que l’Indice de Révision des Loyers (I.R.L.) traduit une progression, sur cette même période, de 1,7 %.

Comment ne pas agir, sauf à rester indifférents à la souffrance sociale dont le mal logement n’est qu’un des signes.

Le logement est un bien primaire qui mérite qu’on le protège contre la spéculation que trop souvent il autorise. La pierre, une « valeur refuge », mais ne marchons-nous pas sur la tête pour observer un renversement des priorités : des finances abritées alors que des centaines de milliers de familles n’ont pas de toit.

Les marchés sont si enfiévrés dans les territoires tendus qu’on assiste à un délire au point que l’exclusion progresse pour atteindre désormais les classes moyennes. La ville exclut. Ne nous résignons pas, il nous appartient d’en supprimer les causes.

Si le diagnostic est facile à établir, le traitement à mettre en œuvre est plus délicat attendu les effets collatéraux à commencer par « l’anémie », non pas des prix, mais du nombre de constructions à un moment où, le dispositif Scellier s’effaçant, les dépôts des permis de construire ont déjà sensiblement baissés. Il faut impérativement construire plus en se posant la question : pour qui ? La hiérarchisation des priorités dans leur rapport à l’éthique revêt une singulière urgence.

Comment parvenir à une économie maîtrisée ?

La réponse ne devrait-elle pas être recherchée dans une accélération du processus de l’épargne solidaire, laquelle représente déjà 3 Mds 548  M € dont 2,5 Mds € au titre de l’épargne salariale solidaire, sachant que seuls 6 % de cette dernière capitalisation sont investis dans les PME solidaires (la limite étant de 10 %).
Une ouverture est possible avec les contrats d’assurance-vie dont l’encours est de 1 400 milliards d’euros. A l’instar de l’épargne salariale, il serait judicieux qu’ils présentent une part solidaire. Une telle orientation modifierait considérablement la donne de la solidarité dès lors qu’une fraction de cette épargne serait dirigée vers des foncières solidaires pour que les acteurs du logement social disposent d’un usufruit, facilitant des programmes abordables à forte connotation de mixité.

Quand on sait que des loyers d’insertion à 5 € du m² sont encore trop élevés pour les plus pauvres au point que leur reste « à vivre » relève de la survie, qui restera sourd à un changement de paradigme de l’économie du logement.

Ce palliatif social que représente le blocage partiel des loyers doit être suivi d’un traitement libérant l’économie du logement de ses non sens en insérant une trace de gratuité qui, seule, débloquera les relations.

Utopie diront certains, ou encore chimère, mais cette trace de gratuité n’est-elle pas précisément la définition de l’épargne solidaire permettant une économie plus humanisée. L’heure est de lui offrir les chances d’un périmètre plus large.

Bernard Devert
juin 2012

Vatileacks : des fuites qui n’arrêteront pas l’exode vers une terre de promesse

Pentecôte, un jour qui fit grand bruit. Non pas ce bruit qui enferme, mais celui du silence pour entendre le « craquement de l’âme » (Bernanos) jusqu’à éveiller des appels intérieurs conduisant aux ruptures nécessaires pour créer des espaces de communion (« la foule se rassembla » Actes 2,6).

Un jour qui fit grand bruit.

Pentecôte 2012 fait entendre du côté de la Cité du Vatican un bruit médiatique qui fait mal et fait du mal, mais ne pourrait-il pas, paradoxalement, en sortir un plus grand bien. Ne mettrait-il pas en exergue le combat spirituel de Benoît XVI, touché par des proches qui ne souffrent aucun des changements qu’il veut opérer pour une plus grande cohérence entre le kérygme et les pratiques. Cette lecture est un magnifique cadeau d’espérance en ce 50ème anniversaire de Vatican II, dont la Constitution « Gaudium et Spes » souligne l’ardente attention aux inquiétudes et angoisses de ce monde.

L’Eglise a la responsabilité de donner à voir ce qu’elle croit.

Lors de la première Pentecôte tous étaient déconcertés et émerveillés, pour reprendre les Actes des Apôtres. En 2012, pour cette même fête de l’Esprit, d’aucuns sont décontenancés mais joyeusement et gravement surpris par leur pasteur : il est ce réformateur qui, suivant la prière attribuée à l’Archevêque de Cantorbéry, Etienne Longton (+1128), tente « d’assouplir ce qui est raide, réchauffe ce qui est froid et redresse ce qui est tordu ».

A la lecture de son livre Jésus de Nazareth et de ses Encycliques, Benoît XVI promeut un esprit de réconciliation tout en refusant ce relativisme, cancer de la pensée et éloignement de la vie évangélique dès lors que les témoins sont appelés à ce que « leur oui soit oui, leur non soit non ».

Benoît XVI s’élève, avec la force des doux, contre ces pratiques déshumanisantes et dévastatrices de l’espérance touchant les mœurs ou les questions financières. « Rien n’est voilé qui ne sera dévoilé, rien n’est secret qui ne sera connu ». Il débusque non sans drame et souffrance ces situations qui abîment l’Eglise et déroutent bien des hommes de bonne volonté.

Magnifique l’Encyclique « Caritas in Veritate ». Ne propose-t-elle pas aux acteurs de l’économie d’introduire une trace de gratuité dans les relations d’échange incluant ceux qui ne disposent de rien ou de si peu.

L’homme de Nazareth paya de sa vie l’expulsion des marchands du Temple. Benoît XVI semble insupporté par ceux qui, craignant les transformations qu’il entend opérer, essaient par ces fuites de le disqualifier.

Dans le continuum de son Encyclique, Benoît XVI ne souhaite-t-il pas que l’Institut des Œuvres de Religion (I.O.R.), appelé souvent la ‘banque du Pape’, mette l’argent enfin à sa place c’est-à-dire dans son rôle de serviteur. Voyez que cette Institution devienne la première banque mondiale de l’économie sociale et solidaire ! Comment oublier le fait que les « premiers chrétiens mettaient tout en commun, vendaient les propriétés pour partager entre tous selon les besoins de chacun ».

Alors « Vatileacks » se révèle l’expression de secousses qui, dommageables en apparence, soulignent des tensions qui touchent à l’Essentiel entre un Pape qui a l’audace de l’avenir pour avoir le sens de la Source et ceux qui entendent ne rien changer pour rester enfermés dans un arrière monde.

Le Fils de l’Homme rappelle constamment que s’il a un privilège, c’est celui de renoncer à tout privilège : « de condition divine, le Christ s’anéantit lui-même, prenant condition d’esclave » (Phil 2,6-7).

Cette Parole, quand elle nous parle, est transformatrice de toute relation. Une tourmente ! Les témoins de la première Pentecôte ne nous disent-ils pas précisément « qu’il vînt du ciel un bruit pareil à celui d’un violent coup de vent ». Il est de ces conversions qui transforment les cœurs qu’aucune fuite ne saurait arrêter.

La défaite de l’absentéisme, une fête pour la démocratie

Un vote de crise s’est exprimé dans les urnes. Cependant le nombre de votants – plus de 8 Français sur 10 – souligne que la politique, quant à elle, n’est pas en crise pour être perçue comme la possibilité de changer le cours des choses : il y a une attente, un espoir.

Les marges de manœuvre sont étroites ; il faut avoir le courage non seulement de le dire mais de refuser les orientations qui ne se révéleraient que la vérité d’un moment pour être de fait des illusions délétères.

La politique s’inscrit dans le champ du souhaitable à l’épreuve des possibles, lesquels ont une part de gravité, d’espérance et d’exigence :

  • de gravité pour être celle du réalisme : si rien n’est facile ou certain, il est sûr que sans sacrifices il n’y a aucune avancée durable. Qui ne sait tenir ne sait rien obtenir.
  • d’espérance pour faire naître le temps des solidarités aux fins de parvenir à plus de cohésion sociale. Cette solidarité souligne l’éminente dignité de l’homme. S’il y a une exception qui doit être maintenue, c’est bien que tout être est une exception et, qu’à ce titre, la dignité de chacun ne saurait être bafouée. Ce respect est aussi l’une des conditions pour sortir de la souffrance sociale.
  • d’exigence nous entrainant vers le meilleur de nous-mêmes. Toute crise ne conduit-elle pas à un choix, un discernement. La voie à prendre et les voix à donner, pour se faire, doivent privilégier l’audace de l’avenir, nous rappelant que le difficile est le chemin (suivant le mot si juste de Simone Weil la philosophe).

A ces possibles, ne sommes-nous pas tout particulièrement appelés.

Des aires de jeux qui se révèlent des jeux de massacre

Sur une commune résidentielle, le Maire fait voter à son Conseil Municipal l’inconstructibilité d’un terrain pour refuser la création de logements sociaux.

L’association propriétaire du terrain voulut accueillir des pauvres durant la période hivernale ; mal lui en prit ! Le permis fut refusé. Pour éviter qu’un tel projet soit présenté de nouveau, la majorité municipale décide de modifier le P.L.U en vue de la création d’une aire de jeux.

Il est de ces programmes qui, pour privilégier la dimension éthique et le sens de l’intérêt général, sont dévalorisés jusqu’à être considérés comme cause de désordre. A vouloir jouer à cache-à-cache avec les pauvres on ne voit plus le trouble que constituent les injustices mettant en état de choc la cohésion sociale.

Cette aire de jeux est un jeu de massacre à l’égard des pauvres, leur volant ainsi la possibilité de trouver leur place.

Qui peut penser que la différence constitue une menace, sauf à s’installer dans une culture du refus de l’autre alors que la vie naît précisément de l’hétérogénéité.

Qui reprochera à une association de vouloir accueillir des foyers fragilisés. Comment ne pas se réjouir de la création d’une mosaïque de la fraternité plutôt que de construire ces marqueurs sociaux que sont trop souvent ces logements, impropre à l’insertion.

Qui peut consentir au regard souffrant de ces enfants qui n’ont point de toit ou de ces personnes qui, au soir de leur vie, sont dans le dénuement, confrontées à la solitude alors que la perte des forces les rejoint.

Qui peut rester dans le silence devant une telle iniquité et s’illusionner par des jeux qui massacrent l’enfance alors que 600 000 gosses sont victimes du mal logement. Il faut les avoir un jour rencontrés sur un trottoir : c’est dur, dit l’un deux, de dormir à même le macadam. Il est de ces décisions dont le cynisme fait frémir.

A ces jeux de l’entre-soi, on se réfugie dans des illusions pour ne point dire : je, c’est-à-dire accepter de devenir ce que l’on est au sens où Arthur Rimbaud dit « je, est un autre ».

L’urgence d’innover

Le logement s’invite (enfin) dans la campagne présidentielle même si, depuis quelques semaines, les préoccupations se sont déplacées pour privilégier celles de la sécurité.

Quand comprendra-t-on que le logement n’est pas indifférent à cette légitime préoccupation pour se révéler pour des centaines de milliers de foyers le marqueur de leur exclusion, mettant en échec l’égalité et la fraternité.

Comment s’étonner de la frustration qui parfois se manifeste dans la violence ; il ne s’agit pas de la justifier mais au moins d’essayer de comprendre.

Le social ne saurait être considéré comme seulement dépensier, mais bien pour ce qu’il est : un investissement sans lequel la liberté, troisième pilier de la Nation, est mis à mal.

Quelle liberté pour ceux qui n’ont pas de toit ; quelle liberté pour ceux qui ne disposent comme revenus qu’un minimum permettant juste de survivre.

Notre économie est marquée par deux contraintes :
•    le court terme qui s’avère une véritable dictature en raison de notations qui privilégient le résultat immédiat jusqu’à compromettre l’avenir quand bien même l’on ne cesse de parler de l’investissement durable, paravent d’une autre réalité.

Ainsi en matière de politique de logement, les chambres d’hôtels l’emportent sur l’hébergement, l’étalement urbain sur l’intensification des villes. Toutefois relevons la proposition du Président de la République visant une augmentation de 30 % des droits à construire, une mesure judicieuse que le Parlement a voté, restant dans l’attente des décrets d’application.

•    La financiarisation de l’économie qui touche aussi l’habitat : entre 1990 et 2010, sur les 600 000 logements, essentiellement à loyer intermédiaire, appartenant à des établissements financiers, 500 000 ont été cédés. Cette « disparition » n’est pas étrangère au fait que les classes moyennes sont confrontées à des difficultés d’autant que l’implantation de ces immeubles concernait les grandes agglomérations.

La solidarité passe par un développement de l’épargne solidaire ; dans cette perspective, nous sollicitions que sur les 1 400 milliards des contrats d’assurances vie, 10 % soient investis pour la lutte contre le mal logement.

Refusant la fatalité de la pauvreté et de la précarité, qui n’éprouve pas l’urgence d’innover pour offrir à notre société des raisons d’un « mieux vivre » et par là même d’espérer.

En cette préparation de la Pâque, il nous faut apprendre à être ces « passeurs » pour que roulent les pierres de ces tombeaux qui se nomment : l’exclusion, l’étrangeté à l’autre.