Refuser les stigmatisations pour mieux devenir des passeurs de solidarité

Les Roms, depuis un mois, se sont invités bien malgré eux dans le débat public et politique.

Victimes, ils le sont depuis des temps séculaires pour être des mal-aimés en raison de malentendus ; l’urgence est de les dissiper dans une juste attention à cette Communauté qui souffre pour qu’elle trouve pleinement sa place. Les décisions retenues auront valeur de test d’humanité pour notre société. Il ne m’apparaît pas inutile dans cette recherche de sérénité et de justice, de rappeler l’expérience d’Habitat et Humanisme, partagée par bien d’autres Organisations.

Depuis 25 ans, nous nous heurtons à des oppositions de la part de populations bien établies qui refusent la proximité de personnes au motif qu’elles leur apparaissent comme étrangères, non seulement parce qu’elles viennent d’autres pays, mais pour être différentes par la culture, les appartenances religieuses ou encore les disparités de ressources.

L’étrangeté pour être peu partagée se présente comme un mur. Toutefois, nous observons que les dures oppositions enregistrées dans l’élaboration de la mixité reculent assez rapidement dès lors que les personnes trouvent droit de cité. La peur des différences réelles ou supposées ne cède pas avec les discours ; elle exige une parole actée. Un nouveau regard alors se fait jour, l’autre n’est plus considéré comme une menace, d’aucuns reconnaissant qu’ils furent parfois menaçants bien inutilement.

La loi de Louis Besson de 1990 prévoyait des aires d’accueil pour toutes les catégories des gens du voyage. Cette loi n’est pas respectée. Aucun homme n’est « illégal », mais il faut en revanche refuser les situations injustes qui devraient avoir rang d’illégalité.

L’histoire est marquée par des témoins qui privilégient l’harmonie sur toute autre considération. Cette estime de l’autre n’est-elle pas nécessaire à l’estime de soi. Ce monde meilleur auquel beaucoup aspirent ne peut pas se construire avec le refus des minorités, fut-il implicite.

La cohésion sociale si elle impose de revisiter la législation, appelle à substituer la musique de l’âme à ces refus de l’autre qui abîment et entraînent des abîmes. Souvenons-nous de cette magnifique décision de Daniel Baremboim qui, dans le concert des insultes, sut fonder un orchestre composé d’israélites et de palestiniens. Impensable et pourtant !

Si certains pensent que cette création procède d’un angélisme, alors il nous faut nous y résoudre, seuls ceux qui le vivent offrent un avenir.

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