Après des jours pour certains difficiles, quand ils ne furent pas pour d’autres douloureux, l’année se termine par une naissance : c’est Noël.
Une fête qui laisse peu d’entre nous indifférents. Si elle se perd, dit-on, au regard de sa source, elle demeure un temps d’ouverture, d’échange dont les cadeaux ne sont qu’un signe émergent. La face cachée de Noël est lumineuse.
Se rencontrer pour écouter et partager jusqu’à se laisser conduire non pas à la périphérie de soi-même mais à celle de ses certitudes : c’est Noël.
Si les textes nous rappellent qu’il n’y avait pas de place, l’auteur de la vie ne la trouve-t-il pas avec tous ceux qui suscitent la fraternité dans cette conviction que nous sommes tous égaux. Dieu ne s’est-il pas fait l’égal de l’homme : c’est Noël.
Noël s’éveille avec ceux qui, désarmés, apprennent à s’arrêter, à regarder autrement, tels les bergers qui reconnaitront Celui qui demeure souvent invisible pour les puissants.
Les croyants ne célébreront pas seulement la naissance de l’Enfant Dieu, du Fils de l’homme, mais aussi celle de tout homme pour saisir que chacun est appelé à naître à une plus grande humanité : c’est Noël.
Et si à Noël, l’individu avec ses jugements, ses patiences quant à l’insupportable et ses illusions de l’immédiateté s’éloignait pour faire place à la personne. Magnifique, alors cette heure d’enfantement, éloge de la fragilité qui, ô surprise, donne l’audace de quitter l’espace clos que fabrique notre vision des choses.
Joyeux Noël et belle année, pour être ensemble semeurs d’inattendus.
Bernard Devert
Noël 2013
